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AALBORG : « La musique des stades révèle l’identité culturelle des supporters »

À Aalborg (Danemark), une étude universitaire démontre que les chants et musiques des stades de football suivent des schémas nationaux distincts.

Loin d’être un simple divertissement aléatoire, l’ambiance sonore des stades de football obéit à des codes culturels précis qui varient systématiquement d’un pays à l’autre. Une nouvelle étude de l’Université d’Aalborg cartographie ces pratiques et montre comment la musique devient un acteur à part entière de l’expérience du match. Les paysages sonores des stades européens, qu’ils soient anglais, allemands, espagnols ou danois, révèlent ainsi des identités collectives profondément ancrées.

L’étude, menée par Nicolai Jørgensgaard Graakjær, professeur au département Culture et Communication, met en lumière des différences significatives dans les chants entonnés par les supporters. Alors qu’en Angleterre, l’ambiance est souvent façonnée par des chants collectifs spontanés, elle est en Allemagne typiquement plus organisée, rythmée et soutenue.

« Les différences sonores entre les stades nous renseignent sur la manière dont la communauté, la participation et l’émotion s’expriment dans les différentes cultures du football », explique Nicolai Jørgensgaard Graakjær.

Hymnes nationaux contre rivalités locales

Le contexte du match influe également sur la nature des chants. Lors des rencontres de clubs, la musique et les paroles visent souvent à affirmer la force et l’invincibilité de son équipe face à l’adversaire. À l’inverse, lors des matchs internationaux, les hymnes et les chants ont une portée plus inclusive, visant à consolider un sentiment d’appartenance et de fierté nationale.

« L’identité nationale est une grande catégorie identitaire globale, tandis que l’identité de club est plus locale et généralement liée à des matchs fréquents et récurrents contre des adversaires spécifiques — y compris des rivaux locaux — contre qui on « chante » », précise le professeur.

Spontanéité britannique contre organisation allemande

En Angleterre, la bande-son des stades se caractérise par une forte spontanéité. Les chants naissent souvent dans le feu de l’action, en réaction directe aux événements sur le terrain. Des mélodies populaires connues sont détournées avec de nouvelles paroles, chantées en courtes rafales intenses. Parmi les exemples les plus célèbres figurent des versions adaptées de « Oh, When the Saints Go Marching In », « Guantanamera » ou plus récemment « Freed From Desire » de Gala, devenu un hymne de victoire.

En Allemagne, l’approche est plus structurée. Les tambours jouent un rôle central et les supporters, guidés par des meneurs (capos), entonnent les mêmes chants pendant de longues périodes. Il en résulte un mur sonore constant et puissant. Les stades allemands résonnent d’hymnes de clubs comme le « Stern des Südens » du Bayern Munich, tandis que les buts sont salués par des signaux musicaux fixes, tel le « Can-can » d’Offenbach.

« La musique n’est pas qu’un simple bruit de fond dans le stade. C’est une partie active du match qui contribue à faire de chaque stade une communauté sonore unique », conclut Nicolai Jørgensgaard Graakjær.

Une étude publiée à Cambridge

Ces recherches s’inscrivent dans le cadre de l’ouvrage Popular Music and Football, publié par Cambridge University Press en mai 2026. L’étude complète est accessible via le site de l’éditeur.

L’Université d’Aalborg (AAU) est une université publique de recherche danoise.

Elle mène des recherches interdisciplinaires dans les domaines des sciences, de l’ingénierie, des sciences sociales, des sciences humaines et de la santé.

Plus d’informations sont disponibles sur son site officiel (https://www.en.aau.dk/).

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).