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CAGNES-SUR-MER : Dépollution – L’État démantèle…

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CAGNES-SUR-MER : Dépollution – L’État démantèle une ferme aquacole abandonnée aux frais de l’exploitant

Face à la défaillance de l’exploitant, l’État a engagé une vaste opération pour démanteler l’ancienne ferme aquacole Loulou bas II et nettoyer les fonds marins.

Une opération de dépollution de grande ampleur est en cours depuis le 29 juin 2026 au large de Cagnes-sur-Mer. Mandatés par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), les services de l’État procèdent au démantèlement complet de l’ancienne ferme aquacole Loulou bas II, dont les structures abandonnées à environ 360 mètres du rivage représentaient une menace pour l’écosystème marin. Cette intervention, réalisée par la société Mare Nostrum, mobilise des moyens techniques considérables, incluant un navire de charge et une équipe de plongeurs professionnels, pour extraire près de 50 tonnes de déchets industriels des fonds marins.

Une intervention d’office après une longue procédure

Cette action de l’État constitue l’épilogue d’un long feuilleton administratif et judiciaire. Entre 2021 et 2024, de multiples inspections des services de l’État avaient mis en évidence un défaut d’entretien caractérisé et une absence totale d’activité sur le site. Face à cette situation, le préfet des Alpes-Maritimes avait pris une décision radicale le 8 août 2023 en retirant le droit d’exploitation à la société concessionnaire, la SARL Cros de Cagnes Aquaculture Lou Loubas.

L’entreprise disposait alors d’un délai de six mois pour remettre le site en état, une obligation légale qu’elle a totalement ignorée. En conséquence, une contravention de grande voirie a été dressée le 22 novembre 2024 pour occupation illégale du domaine public maritime. Le tribunal administratif de Nice, par un jugement en date du 12 juin 2025, a finalement condamné la société au paiement d’une amende de 1 200 euros et à la remise en état des lieux sous six mois. Ce jugement autorisait explicitement l’État à se substituer à l’entreprise défaillante, « aux frais et risques du contrevenant », en cas de nouvelle inaction. C’est ce droit que les services préfectoraux exercent aujourd’hui.

Un chantier d’envergure pour la biodiversité

Le volume des débris à évacuer témoigne de l’état d’abandon du site. L’inventaire est impressionnant : 14 corps morts en béton pesant chacun trois tonnes, 300 flotteurs de type « cubisystem », 300 mètres de chaînes, une ancre charrue de 50 kilogrammes, un filet de 30 mètres de long, ainsi que de nombreux autres macro-déchets comme des lignes d’amarrage.

Le coût total de ce chantier de nettoyage et de recyclage est estimé à environ 100 000 euros, une somme qui sera répercutée sur l’ancien exploitant. Prévue pour durer environ un mois, l’opération vise à assainir durablement la zone et à éliminer une source de pollution et un danger pour la navigation. Une première phase de retrait des éléments de surface avait déjà eu lieu en janvier 2025 sur le site voisin de l’ancienne ferme Loulou bas I.

Un enjeu environnemental et réglementaire

Au-delà de la simple remise en état, cette intervention s’inscrit dans un cadre réglementaire européen plus large. Elle répond directement aux objectifs de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) de 2008, qui vise à restaurer le bon fonctionnement des écosystèmes marins. Localement, cette ambition est déclinée dans le Document Stratégique de Façade Méditerranée (DSF).

En procédant à cette opération, l’État réaffirme son rôle de garant de la protection du domaine public maritime. L’action contribue à la « désartificialisation » du littoral, un objectif prioritaire pour préserver la biodiversité et le caractère naturel des fonds côtiers. Les éléments récupérés lors de cette opération de nettoyage seront présentés à la presse ce vendredi 3 juillet au port de Saint-Laurent-du-Var.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).