LONDRES : Marchés mondiaux – Les barrières douanières…
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LONDRES : Marchés mondiaux – Les barrières douanières et les renégociations d’accords créent de fortes tensions
Un rapport de Mintec Global décrypte les turbulences sur les marchés mondiaux des matières premières, entre barrières tarifaires et incertitudes géopolitiques.
L’économie mondiale navigue en eaux troubles, soumise à un enchevêtrement de négociations commerciales, de sanctions et de quotas qui redessinent les flux de matières premières. Un nouveau rapport de la société d’intelligence de marché Mintec Global met en lumière les multiples points de friction qui affectent l’ensemble des secteurs, de l’agriculture aux métaux en passant par l’industrie papetière.
Accords commerciaux et tarifs douaniers généralisés
Le paysage commercial est dominé par des renégociations complexes et l’application de tarifs douaniers. L’examen de l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA), qui couvre des pans cruciaux comme l’agriculture, le travail et l’environnement, suscite des inquiétudes. La date butoir du 1er juillet devrait être dépassée sans qu’une prolongation complète de 16 ans soit actée, laissant planer une incertitude.
Parallèlement, les États-Unis maintiennent une pression via les tarifs douaniers de la Section 122, qui s’appliquent à tous leurs partenaires commerciaux à hauteur de 10 %. Des réductions sont accordées au cas par cas, allant de 5 % à 31 %, avec une exception notable pour le Brésil qui bénéficie d’une réduction de 40 %.
Le secteur agricole, en première ligne des tensions
L’agriculture est particulièrement exposée. Sur le marché des oléagineux et des céréales, une affirmation américaine selon laquelle des avoirs iraniens dégelés serviraient à acheter du soja, du maïs et du blé américains a été démentie par l’Iran, laissant les acteurs du marché sceptiques.
Le sucre est au cœur d’un bras de fer entre le Mexique et les États-Unis. Les exportations mexicaines vers son voisin ont chuté de 1 million à 400 000 tonnes métriques, une baisse attribuée aux barrières commerciales américaines. En représailles, Mexico a imposé des droits de douane de 156 % à 210 % sur le sucre américain et milite pour la suppression des quotas. Des discussions cruciales sont prévues pour le 20 juillet. De son côté, le café soluble brésilien, exclu de la liste d’exemption de droits de douane, pourrait se voir imposer une taxe de 25 % aux États-Unis. L’association professionnelle Abics défendra sa cause lors d’une audition publique à Washington le 6 juillet.
Viandes et produits de la mer : des quotas rapidement atteints
Le secteur des viandes fait face à des contraintes de quotas de plus en plus serrées. L’Australie a ainsi épuisé dès le 18 juin son quota de 205 000 tonnes pour l’exportation de bœuf vers la Chine, soit 37 jours plus tôt qu’en 2025. Cette situation a déclenché l’application d’un tarif hors quota de 55 %, annulant les préférences tarifaires de l’accord de libre-échange ChAFTA et limitant drastiquement la compétitivité des futures livraisons. L’Australie s’approche également de la limite de 90 % de son quota vers la Corée du Sud.
Les éleveurs d’agneaux australiens et néo-zélandais sont aussi concernés, avec un tarif américain de 10 % auquel pourrait s’ajouter une surtaxe de 12,5 % (Section 301), actuellement à l’étude avant les auditions du 7 juillet. Le marché des produits de la mer est quant à lui marqué par l’incertitude, avec un vide potentiel entre l’expiration des tarifs de la Section 122 le 24 juillet et la mise en place de nouvelles mesures.
Industrie : stratégies contraires et espoirs de détente
Dans le secteur industriel, les dynamiques varient. Sur le marché des fruits à coque, les acheteurs européens semblent retarder leurs commandes en provenance des États-Unis dans l’attente des détails d’un nouvel accord commercial.
Pour l’aluminium, la baisse des tensions dans le détroit d’Ormuz a exercé une pression sur les prix mondiaux. Cependant, la prime « Midwest » aux États-Unis reste élevée en raison des tarifs de la Section 232. Les négociations pour un accord-cadre commercial entre les États-Unis et l’Union européenne font naître l’espoir d’une réduction de ces tarifs de 50 % à 15 % sur l’acier, l’aluminium et le cuivre.
Enfin, l’industrie du papier et du carton illustre des stratégies divergentes. Alors que la tendance nord-américaine est à la réduction des capacités (près de 4 millions de tonnes supprimées en 2026), Pratt Industries investit 90 millions de dollars pour agrandir son usine de boîtes en carton ondulé au Texas de près de 32 000 m².
Le rapport complet est disponible en téléchargement sur le site de Mintec Global (https://www.mintecglobal.com/). Pour des analyses et prévisions plus détaillées, l’entreprise peut être contactée directement.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
