PARIS : Le MEDEF interroge la capacité de la France à « acc…
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PARIS : Le MEDEF interroge la capacité de la France à « accélérer »
Le MEDEF réunit ce 29 juin experts civils et militaires pour débattre des conditions de la souveraineté économique et stratégique de la France.
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de dépendances critiques accrues, la question de la souveraineté nationale redevient centrale. C’est sur ce thème que le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) organise ce lundi 29 juin 2026 une conférence majeure intitulée « La REF Souveraineté : accélérer ou (encore) décrocher », à la Maison des Travaux Publics à Paris. L’événement, qui rassemble des figures de premier plan de l’industrie, de l’armée et de la haute administration, vise à définir les conditions concrètes de la puissance économique, industrielle et stratégique française.
Une souveraineté à traduire en capacités réelles
Loin des discours incantatoires, le MEDEF, présidé par Patrick Martin, entend poser un diagnostic lucide. La souveraineté n’est plus une simple ambition politique mais une chaîne de capacités tangibles : décider vite, produire vite, financer vite, innover vite et protéger durablement les intérêts nationaux. L’organisation patronale souligne que face aux superpuissances, à l’accélération technologique et à la contrainte budgétaire, la France ne pourra « ni tout faire, ni tout payer ». Des choix stratégiques s’imposent pour déterminer les secteurs vitaux à maîtriser, de l’énergie à la défense, en passant par le numérique, la santé ou l’alimentation.
Le modèle militaire comme source d’inspiration
Un des axes forts de la réflexion s’inspire du monde militaire, où la souveraineté est une réalité opérationnelle quotidienne. Les armées, confrontées à l’urgence et à des moyens limités, doivent maîtriser une chaîne complète allant des stocks de munitions à la logistique, en passant par le renseignement, le cyber et la rapidité d’arbitrage. Une table ronde réunira des experts comme l’Amiral Pierre Vandier, Commandant suprême allié pour la transformation de l’OTAN, ou Patrick Pailloux, Délégué général pour l’armement. Leur expérience doit éclairer un pays jugé « trop lent » sur la manière de transformer une dépendance en résilience, et non en vulnérabilité.
Du laboratoire à l’usine : le défi de l’innovation
L’Europe invente, mais ne domine pas toujours. Ce constat amer sera au cœur d’un débat sur la conversion de l’innovation technologique en puissance industrielle. Que ce soit dans l’intelligence artificielle, le spatial, les biotechnologies ou les semi-conducteurs, le passage du prototype à la production de masse reste un point de friction. Des intervenants comme Sasha Rubel d’Amazon Web Services (AWS) et Laurent Giovachini, président de Syntec, exploreront les freins industriels, financiers et politiques qui empêchent de transformer l’excellence scientifique en leadership de marché.
Guerre informationnelle et contraintes budgétaires
La conférence abordera également la dimension immatérielle de la puissance avec un débat sur la guerre informationnelle, animé par des spécialistes tels que David Colon, chercheur à Sciences Po, et Marie-Doha Besancenot, du ministère des Affaires étrangères. Enfin, la clôture s’annonce pragmatique : comment financer cette ambition de souveraineté dans un contexte de marges budgétaires réduites ? La discussion portera sur la nécessité de passer d’une « souveraineté-catalogue », où l’on prétend tout protéger, à une souveraineté ciblée, financée et assumée, qui distingue clairement ce qui est vital de ce qui est négociable.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

