PARIS : Zahia HAMDANE (LFI) : « Refuser les récits qui enfe…
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PARIS : Zahia HAMDANE (LFI) : « Refuser les récits qui enferment les harkis dans la figure du traître »
La députée LFI Zahia Hamdane organise une ciné-conférence à l’Assemblée nationale pour exiger une véritable réparation pour les harkis.
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Soixante-quatre ans après la fin de la guerre d’Algérie, la question des harkis et de leur histoire reste une plaie ouverte dans la mémoire collective française. Pour sortir des instrumentalisations politiques et des récits simplificateurs, la députée LFI de la Somme, Zahia Hamdane, organise une grande ciné-conférence ce mercredi 24 juin à 17h au cœur de l’Assemblée nationale. Intitulé « HARKIS : ACCUEILLIR DANS L’INDIGNITÉ, GOUVERNER PAR L’OUBLI », l’événement vise à proposer un cadrage historique et politique renouvelé sur une trajectoire souvent mal comprise.
La soirée s’articulera autour de la projection du film documentaire « Harkis, le pays caché » de Luc Getreau. Elle sera suivie d’un débat réunissant des historiens, des juristes, des responsables associatifs, des descendants de harkis ainsi que les députés Alma Dufour et Aurélien Saintoul. L’objectif est d’analyser le destin des harkis non comme une cause, mais comme une conséquence directe du système colonial.
Un combat politique né d’une histoire personnelle
Pour Zahia Hamdane, cette initiative puise ses racines dans son parcours familial singulier, qu’elle entend transformer en force politique pour réconcilier les mémoires.
« Fille d’un père harki et d’une mère engagée dans le FLN, j’ai grandi avec deux mémoires que l’on présente souvent comme irréconciliables. Je refuse cette opposition », explique la députée dans une déclaration.
« Je refuse les récits qui enferment les harkis dans la figure du “traître”. Surtout, je refuse leur récupération par l’extrême droite nostalgique de l’Algérie française », poursuit-elle.
Pour l’élue, il est fondamental de reconnaître que les harkis furent eux aussi des victimes de la colonisation, depuis leur enrôlement forcé jusqu’à leur arrivée tragique en France en 1962.
La réalité des camps et l’oubli organisé
La conférence se focalisera moins sur le conflit algérien que sur le sort indigne réservé aux harkis et à leurs familles une fois sur le sol français. Dès 1962, des dizaines de milliers d’entre eux ont été parqués dans des camps et des hameaux de forestage, subissant une véritable relégation sociale et géographique.
Le dossier de presse de l’événement dépeint des conditions de vie inhumaines derrière les barbelés : logements insalubres, promiscuité, couvre-feux stricts, contrôle systématique du courrier et restrictions de liberté. Selon les organisateurs, cet accueil n’était pas un simple « dysfonctionnement administratif », mais relevait de « choix politiques fondés sur des logiques racistes et xénophobes » visant à maintenir ces familles dans un statut de citoyens de seconde zone.
Une proposition de loi pour une réparation effective
Bien que la loi du 23 février 2022 ait reconnu la responsabilité de l’État français dans l’abandon des harkis, les mesures de réparation sont jugées largement insuffisantes par les familles concernées. Cette position a été renforcée par une condamnation de la France en 2024 par la Cour européenne des droits de l’homme (arrêt Tamazount) pour traitements inhumains et dégradants, soulignant l’ampleur des préjudices subis.
Dans ce contexte, la conférence mettra en lumière la proposition de loi n°1330 portée par Zahia Hamdane. Ce texte législatif vise à renforcer le dispositif de réparation en conformité avec le droit européen. Il prévoit notamment la revalorisation des indemnisations pour couvrir l’intégralité des préjudices, une évaluation plus juste des dossiers par la Commission nationale indépendante des Harkis (CNIH), l’association des familles aux décisions de cette commission, ainsi qu’une accélération du traitement des dossiers et un suivi parlementaire renforcé.
Le site officiel du gouvernement, harkis.gouv.fr, centralise les informations relatives aux démarches de reconnaissance.
Une vidéo pédagogique est également disponible en ligne (https://youtu.be/dmE6Nnxy6UQ?si=IqnvDfwWHJlycsDc) pour approfondir la compréhension de cet enjeu mémoriel et politique.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


