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MOMBASA : Pêche – Quinze pays adoptent une déclaration pour la transparence et contre la pêche illégale

Quinze pays adoptent la Déclaration de Mombasa pour renforcer la transparence et lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Quinze gouvernements d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, d’Europe et du Pacifique ont officiellement adopté ce mercredi 17 juin 2026 la Déclaration de Mombasa, à l’occasion de la 11ème conférence Our Ocean. Cet engagement marque une étape significative dans la volonté de faire progresser la transparence des pêches à l’échelle mondiale et d’intensifier la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN).

La Déclaration se présente comme un appel à l’action pour les États côtiers et les États de pavillon, les incitant à améliorer la collecte et la diffusion des informations sur les navires et à garantir un meilleur accès aux données relatives à la pêche. Le texte s’appuie sur la Charte mondiale pour la transparence dans le secteur de la pêche, qui définit dix principes politiques que les gouvernements peuvent intégrer dans leur législation.

Un engagement mondial pour la gouvernance des océans

Approuvée par une coalition de pays incluant la Belgique, le Cameroun, le Chili, la République dominicaine, la France (pour ses territoires d’outre-mer), la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Panama, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pérou, la République du Congo, la Somalie et la Corée du Sud, cette déclaration unit des nations déterminées à renforcer la gouvernance des océans. Après cette adoption formelle, les pays signataires s’attèleront à la mise en œuvre de ses principes. Cette signature inaugure également une campagne de plaidoyer visant à rallier d’autres nations avant la prochaine Conférence Our Ocean, prévue en 2027.

La pêche INN frappe durement les communautés côtières, les artisans pêcheurs et les économies locales. Elle menace directement les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la santé à long terme des écosystèmes marins. Pour y répondre, la Déclaration promeut des mesures concrètes, telles que l’amélioration de l’accès aux informations sur la propriété des navires, les licences et les activités de pêche.

Un enjeu vital pour les communautés côtières

Pour de nombreux pays, la pêche est plus qu’une simple activité économique. L’honorable Emelia Arthur, ministre de la Pêche et de l’Aquaculture du Ghana, a rappelé son importance cruciale pour son pays.

« Au Ghana, notre existence même dépend du poisson. Soixante pour cent de nos protéines animales proviennent du poisson et dix pour cent de notre population dépend de la chaîne de valeur de la pêche pour subsister. C’est un enjeu culturel et de sécurité nationale », a-t-elle déclaré, se réjouissant de voir le Ghana s’unir à d’autres gouvernements pour combattre le manque de transparence.

Même son de cloche du côté de la France, qui a soutenu l’initiative pour ses territoires d’outre-mer.

« La France est fière de compter parmi les premiers soutiens de la Déclaration de Mombasa. Elle repose sur une conviction simple : nous ne pouvons pas lutter efficacement contre la pêche INN sans une plus grande transparence et une coopération internationale accrue », a affirmé Madame Catherine Chabaud, ministre déléguée auprès de la Mer et de la Pêche.

Le coût exorbitant de la pêche illégale

La pêche INN est un fléau mondial qui fragilise les communautés, fausse les marchés et affaiblit la gouvernance des océans. Les experts estiment son coût pour l’économie mondiale jusqu’à 50 milliards de dollars par an. Elle prive les pêcheurs légitimes, notamment dans les pays à faible et moyen revenu, de leurs revenus et de l’accès aux ressources. Outre son impact sur le déclin des stocks de poissons, la pêche INN est souvent associée à de graves violations des droits humains, comme des conditions de travail dangereuses ou le travail forcé.

La mobilisation des organisations internationales

La Déclaration a été élaborée avec le soutien de la Coalition pour la transparence des pêches (CFT) et de ses partenaires.

« Une économie bleue productive et durable repose sur une gouvernance océanique forte, un suivi efficace et des données accessibles. Les pays signataires démontrent que la dynamique en faveur de la transparence en mer est véritablement mondiale », a déclaré Maisie Pigeon, directrice de la CFT.

Pour Beth Lowell, vice-présidente d’Oceana, la transparence est la clé pour inverser la tendance.

« Trop longtemps, les pêcheries ont opéré avec une surveillance insuffisante et des chaînes d’approvisionnement opaques. La Déclaration de Mombasa signale que les gouvernements du monde entier sont prêts à agir ».

Steve Trent, PDG de l’Environmental Justice Foundation, a salué le leadership des États signataires, tandis que Tony Long, directeur général de Global Fishing Watch, a souligné que cet engagement crée un « réseau interconnecté où les acteurs illégaux n’ont plus d’endroit où se cacher ».

Enfin, Antha Williams, responsable du programme pour l’environnement chez Bloomberg Philanthropies, a conclu : « Cette déclaration reflète un engagement partagé pour une plus grande transparence des pêches mondiales, et nous nous réjouissons de soutenir les efforts visant à traduire cette vision en actions concrètes ».

À propos de la Coalition pour la transparence des pêches (CFT)

La Coalition pour la transparence des pêches est un réseau mondial de plus de cinquante organisations de la société civile qui œuvrent pour améliorer la transparence et la responsabilité dans la gouvernance et la gestion des pêches.

Elle promeut la Charte mondiale pour la transparence des pêches, un ensemble de dix principes politiques visant à rendre les informations sur les navires et les activités de pêche largement accessibles. L’objectif est de promouvoir une gestion responsable, d’éliminer les pratiques illégales et de protéger les droits humains en mer.

Pour en savoir plus, consultez le site fisheriestransparency.net (https://www.fisheriestransparency.net).

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).