TOULON : Logement social – Le préfet du Var durcit le…
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TOULON : Logement social – Le préfet du Var durcit le ton face aux communes carencées
Face au déficit persistant de logements sociaux dans le Var, le préfet a rappelé fermement les obligations légales et les sanctions encourues.
Le représentant de l’État dans le Var a mis le sujet du logement social au cœur de ses priorités, à l’occasion d’une communication officielle tenue à la préfecture de Toulon. Dans un département marqué par une forte pression foncière et des prix immobiliers élevés, la production de logements à loyer modéré reste un défi majeur, poussant les services de l’État à adopter une posture de fermeté accrue envers les municipalités qui ne respectent pas leurs obligations.
Un rappel ferme à la loi SRU
Au centre des discussions se trouve l’application de la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain (SRU). Celle-ci impose aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Île-de-France) de disposer d’un quota de 20 % ou 25 % de logements sociaux sur leur territoire. Or, de nombreuses communes varoises, particulièrement sur le littoral et dans la métropole toulonnaise, demeurent très en deçà des objectifs fixés.
Le préfet a insisté sur le caractère non négociable de cette obligation légale, la qualifiant de « pilier de la cohésion sociale et du vivre-ensemble ». Il a rappelé que derrière les pourcentages et les statistiques se jouent des parcours de vie : ceux des jeunes actifs, des familles monoparentales, des salariés du secteur public ou des employés du tourisme qui ne parviennent plus à se loger décemment à proximité de leur lieu de travail.
Des sanctions financières et opérationnelles
Face aux retards accumulés, l’État entend mobiliser tous les outils à sa disposition. Le préfet a ainsi prévenu que les communes déclarées « en état de carence » s’exposeraient non seulement à des sanctions financières alourdies, via le prélèvement annuel sur leurs ressources fiscales, mais également à une reprise en main par l’État.
Le représentant de l’État peut en effet exercer son droit de préemption sur des terrains pour y réaliser directement des opérations de logements sociaux, ou encore délivrer lui-même les permis de construire pour des projets conformes aux objectifs de la loi SRU. Ces mesures coercitives, bien que perçues comme un dernier recours, seront appliquées avec détermination là où la volonté politique locale fait défaut.
Un enjeu de vitalité économique pour le Var
Au-delà de l’impératif social, le préfet a souligné que la construction de logements abordables est un levier essentiel de l’attractivité et de la vitalité économique du département. « Sans logements accessibles, nos entreprises peinent à recruter, nos hôpitaux manquent de soignants et nos écoles d’enseignants. Le dynamisme du Var dépend de notre capacité à loger tous ceux qui y vivent et y travaillent », a-t-il martelé en substance.
Cette politique vise donc à garantir un développement équilibré du territoire, en luttant contre la spéculation immobilière et en permettant aux actifs de résider au plus près des bassins d’emploi.
Dialogue et accompagnement des maires volontaires
Tout en affichant sa fermeté, le préfet a tendu la main aux élus locaux de bonne volonté. Il a réaffirmé que les services de l’État, notamment la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), se tenaient à la disposition des maires pour les accompagner dans le montage de projets complexes. L’objectif n’est pas de sanctionner pour sanctionner, mais bien d’accélérer la production de logements et de rattraper le retard accumulé, dans un esprit de dialogue constructif mais exigeant.
via Presse Agence.

