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PARIS : Tourisme – Le prix, talon d’Achille des…

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PARIS : Tourisme – Le prix, talon d’Achille des locations courte durée face à l’hôtellerie

Une étude Catella France révèle que la fidélité aux locations courte durée est fragile, 34 % des Français étant prêts à retourner à l’hôtel.

La domination des locations de courte durée sur le marché de l’hébergement touristique pourrait être plus précaire qu’il n’y paraît. Selon une étude de Catella France réalisée par YouGov et publiée ce jour, le prix reste le principal arbitre pour les voyageurs français. Dans un contexte de hausse des tarifs hôteliers (+9 % en 2024 selon Atout France) et de durcissement réglementaire pour les plateformes de location, les équilibres du secteur apparaissent particulièrement volatiles.

Une fidélité conditionnée au portefeuille

L’attachement aux locations saisonnières est loin d’être inconditionnel. L’enquête révèle qu’en cas de hausse des prix, seuls 10 % des utilisateurs resteraient fidèles à ce mode d’hébergement. À l’inverse, une part significative des Français se tournerait vers des alternatives : 34 % opteraient pour l’hôtel, tandis que 29 % arbitreraient en fonction des situations.

Cette sensibilité au prix est encore plus marquée chez les catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+), dont 74 % se disent prêtes à changer leurs habitudes. Géographiquement, les territoires à forte pression touristique sont les plus réactifs, avec 71 % d’utilisateurs ouverts à un changement dans le Sud-Est, contre environ 57 % dans le Nord-Est.

L’impact de la réglementation et le cas parisien

Le durcissement législatif, incarné par la loi Le Meur qui réduit certains avantages fiscaux et renforce le pouvoir des collectivités, pourrait accélérer cette tendance. En contribuant à une augmentation progressive des tarifs des locations, cette nouvelle réglementation pourrait rebattre les cartes.

À Paris, les effets d’un encadrement plus strict sont déjà visibles.

D’après l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), le nombre d’annonces de locations courte durée, après un pic à 79 000 durant l’été 2024, devrait se stabiliser autour de 54 000 en octobre 2025 (étude APUR disponible ici : https://www.apur.org/sites/default/files/2026-01/16p281_locations_meublees_touristiques_Paris.pdf).

Cette évolution illustre l’impact direct des politiques publiques sur l’offre disponible.

L’hôtel, un choix contraint pour une partie des Français

Si l’hôtel apparaît comme une alternative crédible, il reste pour beaucoup un choix par défaut ou inaccessible. L’étude montre qu’un Français sur deux a déjà renoncé à un séjour à l’hôtel, une proportion qui atteint 59 % en région parisienne et grimpe à 70 % chez les 25-34 ans. La principale barrière reste le prix, cité par 32 % des sondés et même 43 % des jeunes actifs. Raphaël Amouretti, Président de Catella Property, analyse cette dynamique comme un enjeu économique majeur pour les territoires.

« Quand l’hôtel devient trop cher ou inaccessible, une partie de la demande se reporte vers les locations courte durée, sans emploi local, sans fiscalité hôtelière, et sans les obligations qui s’imposent aux établissements professionnels. Derrière cet arbitrage, il y a un véritable enjeu d’équilibre économique des territoires », analyse Raphaël Amouretti, Président de Catella Property.

Il ajoute : « La recomposition actuelle du marché ouvre la voie à une offre hôtelière plus flexible, modernisée et mieux adaptée à une clientèle particulièrement attentive au rapport qualité-prix ».

Vers une offre hôtelière hybride et modernisée

Cette situation pousse le secteur hôtelier à se réinventer. L’étude souligne une attente claire de la part du public : 46 % des Français souhaitent un renforcement de la réglementation sur les locations courte durée, un chiffre qui atteint 50 % dans le Sud-Ouest et le Sud-Est.

L’enjeu économique est de taille, comme le rappelle une note de la Direction générale des entreprises (DGE) estimant à 585 millions d’euros le chiffre d’affaires généré par les meublés touristiques à Paris, hors du circuit hôtelier traditionnel (note de la DGE : https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/Publications/2023/Themas/themas-11-impact-economique-et-reglementation-des-meubles-de-tourisme-thema-dge.pdf).

L’hôtel n’est plus perçu comme un simple lieu de séjour, mais comme une solution flexible. Les voyageurs le choisissent pour des séjours courts (33 %), des prix compétitifs (32 %) ou les services inclus (28 %). Cette évolution ouvre la porte à des modèles hybrides mêlant hébergement, coworking et séjours de longue durée. La cohabitation entre clientèle d’affaires et de loisirs est d’ailleurs largement acceptée : 46 % des sondés n’y voient aucun impact négatif, et 13 % y trouvent même un avantage, un chiffre qui monte à 26 % chez les 25-34 ans.

À propos de l’étude et de Catella

L’enquête a été réalisée en ligne par YouGov pour Catella France du 17 au 20 avril 2026, auprès d’un échantillon de 1007 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.

Catella est un groupe financier européen spécialisé en conseils financiers, gestion d’actifs et investissements.

Le groupe emploie environ 500 salariés répartis dans 25 villes et 12 pays, combinant une approche de banque d’affaires avec une expertise approfondie du marché immobilier.

via Presse Agence.