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BÉZIERS : Corrida – Le mot « souffrance » enflamme l’arène avant la Feria
L’association FLAC somme l’Office de Tourisme d’intégrer la « souffrance » du taureau dans les commentaires de sa « corrida chuchotée ».
Le soleil de Béziers n’a pas encore commencé à cuire les gradins de l’arène, mais la température monte déjà d’un cran. À quelques semaines de la Feria, ce n’est pas le sable qui brûle, mais les mots. Une passe d’armes verbale, acérée et passionnée, oppose les militants anti-corrida à l’Office de Tourisme Béziers Méditerranée autour d’un simple terme, lourd de sens : « souffrance ».
Au cœur du combat, le dispositif de la « corrida chuchotée », lancé en 2024. Une initiative pensée pour les néophytes, qui, munis d’un audiophone, peuvent suivre le spectacle avec les explications en direct d’une guide-conférencière. Une immersion didactique, en apparence. Mais pour la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC), le commentaire est loin d’être impartial. Il est un silence assourdissant.
Un coup d’estoc verbal
Thierry Hely, président de la FLAC, a dégainé une lettre ouverte, adressée directement à Jean Muller, directeur de l’Office de Tourisme, et à la guide-conférencière Sarah Collado. L’offensive est frontale. Il s’appuie sur une déclaration du maire de Béziers lui-même, Robert Ménard, qui aurait admis le 23 mai dernier : « Bien sûr que le taureau souffre ».
Fort de cet aveu, Thierry Hely tonne et exige que la réalité de la douleur animale soit enfin verbalisée dans les oreillettes des spectateurs. Une demande qui fait écho à la polémique de l’an dernier, où l’absence de ce mot avait provoqué une onde de choc.
« À aucun moment, le mot “souffrance” du taureau n’est prononcé. Comme si l’animal sensible en tant que tel n’existait pas », avait-il déjà dénoncé après avoir analysé un reportage radio sur le dispositif.
Psychiatres et vétérinaires montent au créneau
Le président de la FLAC n’est pas seul dans ce combat sémantique. Il se fait le porte-voix d’un front bien plus large, qui confère à sa démarche une caution scientifique et morale.
« Un collectif de psychiatres, de psychologues et des scientifiques représentant plus de 2 800 vétérinaires s’insurgent contre cette initiative de la mairie de Béziers consistant à initier à la corrida un public profane en occultant soigneusement son aspect le plus sanguinaire », précisait la FLAC dans un précédent communiqué.
L’enjeu, selon les opposants, est celui de l’honnêteté intellectuelle. Ne pas mentionner la souffrance, c’est travestir la nature même de la corrida, la transformer en un ballet esthétisé et vidé de sa violence intrinsèque, surtout aux yeux d’un public jeune et non averti. Il s’agit, pour eux, de rétablir un « équilibre didactique ».
L’Office de Tourisme sous pression
Face à cette offensive déterminée, la position de l’Office de Tourisme est scrutée avec une attention maximale. L’an dernier, la guide-conférencière avait indiqué que sa hiérarchie répondrait. Cette année, le silence ne sera plus une option. La FLAC attend une réponse claire et un engagement.
La question est posée, tranchante comme une lame de matador : la « corrida chuchotée » osera-t-elle prononcer le mot qui fâche ? Ou continuera-t-elle de décrire l’art, le courage et la tradition, en laissant la douleur de l’animal dans l’ombre assourdissante du non-dit ? La réponse déterminera l’ambiance d’une Feria où, plus que jamais, la bataille des mots précède celle de l’arène.
Pour plus d’informations sur la position de la fédération, le site est accessible ici : www.flac-anticorrida.org. L’article initial du Midi Libre est consultable pour les abonnés sur leur site (https://www.midilibre.fr/2025/08/06/a-aucun-moment-le-mot-souffrance-nest-prononce-quand-un-anti-corrida-interpelle-la-guide-conferenciere-de-la-corrida-chuchotee-a-beziers-12862847.php).
via Press Agence.


