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PARIS : Harcèlement au travail – Les signalements ont…

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PARIS : Harcèlement au travail – Les signalements ont bondi de 81 % depuis 2022

Une vaste étude menée par le cabinet Reversens révèle une explosion des signalements en entreprise, mais souligne la difficulté à conclure les enquêtes.

Les alertes pour harcèlement et autres comportements inappropriés au travail connaissent une augmentation spectaculaire. Selon une enquête nationale menée par Reversens, cabinet de psychologues spécialisé dans les enquêtes éthiques, 81 % des professionnels impliqués dans le traitement des signalements constatent une hausse des remontées entre 2022 et 2025. Cette progression, qui se situe entre 20 % et 50 % pour près d’un tiers des répondants, témoigne d’une prise de conscience grandissante et d’une meilleure structuration des canaux d’alerte.

L’étude, réalisée en mai 2026 auprès de 2 011 professionnels (DRH, juristes, référents éthiques, élus du personnel), dresse un tableau détaillé d’un phénomène qui prend une place centrale dans la vie des organisations, soulevant des questions cruciales sur leur capacité à y répondre efficacement.

Le harcèlement moral, premier motif de signalement

Au cœur des préoccupations se trouve le harcèlement moral. Pour 68 % des professionnels interrogés, ce motif représente plus d’un quart de la totalité des dossiers traités. Les conflits managériaux ou interpersonnels, souvent précurseurs ou qualifiés à tort de harcèlement, constituent également une part importante des situations rapportées.

En revanche, d’autres faits graves comme le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, les agissements sexistes ou les propos discriminatoires, bien que présents, restent proportionnellement minoritaires dans les statistiques des signalements formalisés. Cette tendance suggère que si la parole se libère sur les aspects psychologiques de la souffrance au travail, d’autres tabous pourraient persister.

De l’alerte à l’enquête : un processus souvent inachevé

Si les salariés osent davantage signaler, le chemin vers une conclusion formelle reste semé d’embûches. L’étude révèle une déperdition notable entre le signalement initial et la finalisation d’une enquête. Seuls 20 % des professionnels estiment que plus des trois quarts des dossiers aboutissent à une conclusion écrite, tandis que 41 % indiquent que moins de la moitié des alertes franchissent toutes les étapes du processus.

Plusieurs freins expliquent cette situation. Le manque d’éléments matériels exploitables, l’absence de témoins ou la peur de représailles de la part des victimes et de leur entourage sont les principaux obstacles. S’y ajoutent des limites structurelles au sein des entreprises : surcharge des équipes RH, manque de formation des enquêteurs ou absence de méthodologie claire et sécurisée pour mener les investigations.

Des pratiques d’enquête encore très hétérogènes

La maturité des entreprises face à ces enjeux est très inégale. À peine un quart des enquêteurs internes (24 %) se déclarent pleinement confiants dans la robustesse de leur dispositif. À l’opposé, 43 % expriment une confiance faible ou modérée, pointant un manque de formalisme et de soutien. Cette fragilité expose les entreprises à des risques juridiques et réputationnels importants, notamment en cas de contestation prud’homale ou pénale des conclusions d’une enquête.

L’intelligence artificielle : un soutien technique, pas un juge

Face à la complexité de la tâche, l’intelligence artificielle pourrait-elle être une solution ? Les professionnels y sont majoritairement favorables, mais dans un cadre strictement défini. Une large majorité (74 %) accepte son utilisation pour des tâches de support, comme la centralisation des pièces, la traçabilité des actions ou l’aide à la rédaction factuelle.

Cependant, la méfiance s’installe dès que l’IA touche au domaine de la décision. Seuls 26 % se disent prêts à accepter une suggestion de qualification juridique de sa part, et à peine 8 % lui feraient confiance pour recommander une sanction disciplinaire, réaffirmant ainsi la primauté du jugement humain dans ces dossiers sensibles.

À propos de Reversens

Fondé en 2015 par Anne-Sophie Chéron, ingénieure et psychologue clinicienne, Reversens (https://www.reversens.fr/) est un cabinet spécialisé dans la conduite d’enquêtes éthiques et d’enquêtes pour harcèlement, qui constituent près de 80 % de son activité.

La méthode du cabinet s’appuie sur une triple expertise : conseil en organisation, psychologie clinique et pratique des expertises psychologiques de justice. Cette approche permet de produire des rapports d’enquête à la fois analytiques et cliniques, prenant en compte la complexité des discours et les risques d’influence.

Composé de 17 enquêteurs aux profils complémentaires (psychologues, juristes, anciens DRH), Reversens a mené plus de 200 enquêtes depuis 2018 et propose également des formations pour les référents harcèlement et les équipes internes.

via Presse Agence.