CANNES : Sylvie Bourgeois Harel : « Je te ramène Robert Pat…
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CANNES : Sylvie Bourgeois Harel : « Je te ramène Robert Pattinson »
Dans un récent récit, Sylvie Bourgeois Harel dévoile les coulisses d’une tentative audacieuse pour faire tourner la star américaine dans un film de son mari.
Le Festival de Cannes, avec ses paillettes et ses contrats signés à la volée, est souvent le théâtre d’histoires méconnues. Sylvie Bourgeois Harel, épouse du réalisateur Philippe Harel, vient d’en partager une particulièrement savoureuse. Dans un texte publié récemment, elle relate comment, il y a une dizaine d’années, elle a tenté de convaincre l’acteur Robert Pattinson de jouer le rôle principal dans l’adaptation d’un roman de Michel Houellebecq, un projet alors bloqué par les méandres du système cinématographique français.
Un projet ambitieux face aux blocages de la profession
Le projet en question était l’adaptation cinématographique de « La carte et le territoire », le roman de Michel Houellebecq couronné par le Prix Goncourt. Philippe Harel, qui avait déjà porté à l’écran « Extension du domaine de la lutte » en 1999, avait obtenu les droits audiovisuels directement de l’écrivain. Cependant, le financement en France s’est heurté à un mur.
Sylvie Bourgeois Harel décrit des manœuvres de blocage orchestrées par une influente productrice et distributrice, aujourd’hui décédée, qu’elle nomme « M ». Selon son récit, cette dernière aurait usé de son pouvoir au sein de diverses commissions, notamment au CNC, pour empêcher le film de recevoir des aides, après que Philippe Harel eut refusé de gonfler artificiellement le budget à son profit. Face à cette impasse sur le territoire national, Sylvie Bourgeois Harel a décidé de prendre les choses en main avec une idée audacieuse, lancée à son mari avant de partir pour le festival :
« Mon chéri, je te ramène Robert Pattinson ».
Elle avait en effet appris la présence de l’acteur sur la Croisette et, surtout, son admiration pour l’œuvre de Michel Houellebecq.
Mission Pattinson sur le tapis rouge
Le plan s’est concrétisé lors d’une projection au Palais des Festivals. Apercevant Robert Pattinson quelques rangs derrière elle, elle n’a eu qu’une idée en tête durant tout le film : préparer son approche. Elle raconte s’être répété sa phrase d’accroche en anglais :
« I know you like Michel Houellebecq. My husband is preparing a movie based on his novel La carte et le territoire. He would like to give you the lead role. May I speak to you for a moment ? »
À la fin de la séance, au milieu des applaudissements et de l’effervescence, elle a foncé. « Je pousse mes voisins en m’excusant. J’écrase des dizaines de pieds de festivaliers », se souvient-elle, comparant son effort à celui des « saumons obligés de remonter les fleuves ». Parvenue dans le dos de l’acteur, elle a lancé sa phrase, qu’elle a dû répéter trois fois dans le brouhaha ambiant.
La stratégie a fonctionné. L’acteur s’est retourné et a demandé à ses gardes du corps de la laisser approcher. La réponse de la star a été immédiate et enthousiaste :
« Great !!! I love the idea. And yes, I like Houellebecq, it’s a great writer. Of course, I want to read the script », lui a-t-il répondu.
Sylvie Bourgeois Harel lui a alors tendu son carnet et son stylo pour qu’il note l’adresse mail de son agent.
Une « douche froide » inattendue
Euphorique, elle a immédiatement appelé son mari pour lui annoncer la nouvelle, s’imaginant déjà le film se monter aux États-Unis avec une star internationale.
« Je viens de parler à Robert Pattinson, il adore l’idée de jouer dans « La carte et le territoire ». On va envoyer le script à son agent […]. Si ça lui plaît, autant dire que le film se montera tout de suite aux États-Unis, tu le tourneras en anglais, c’est top, non ? »
La réponse de Philippe Harel a été sans appel, et a mis un terme brutal à cette perspective hollywoodienne.
« C’est gentil ma chérie, me répond Philippe de sa voix blanche, je ne sais pas comment tu t’es débrouillée pour lui parler, ça ne m’étonne pas de toi, mais je ne veux pas faire ce film en anglais, il est typiquement français ».
« Douche froide ! », conclut Sylvie Bourgeois Harel dans son récit, qualifiant son mari de « moins opportuniste de tout le cinéma français ». Une anecdote qui illustre les coulisses imprévisibles du septième art, où la vision d’un auteur prime parfois sur les opportunités les plus éclatantes.
via Presse Agence.

