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LE CAP : NJ AYUK : « Si vous créez un environnement concurr…

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LE CAP : NJ AYUK : « Si vous créez un environnement concurrentiel, les capitaux afflueront »

Dans un nouvel ouvrage, NJ Ayuk décrypte comment les réformes angolaises ont transformé le secteur pétrolier en un modèle pour l’Afrique.

Le secteur pétrolier de l’Angola, autrefois menacé d’un déclin rapide, s’est métamorphosé en un pôle d’attraction pour des milliards de dollars d’investissements. C’est la thèse centrale du dernier livre de l’expert NJ Ayuk, intitulé *Crude Oil: Power, Turnaround, and Transformation in Angola*. L’ouvrage détaille comment des politiques ciblées et un leadership stratégique ont non seulement inversé la tendance, mais aussi engagé le pays sur la voie de la croissance et de la diversification.

Sous l’impulsion du président João Manuel Gonçalves Lourenço et de son ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz, Diamantino Pedro Azevedo, l’Angola a entrepris une refonte en profondeur de son industrie. Aujourd’hui, avec une production stabilisée et des investissements en hausse, le pays offre une leçon précieuse aux autres nations productrices du continent qui cherchent à revitaliser leurs propres marchés par des politiques attractives pour les investisseurs.

Une restructuration profonde du secteur

Le redressement angolais trouve ses racines dans des changements structurels majeurs initiés dès 2017. Pour contrer le manque de transparence et d’exploration qui minait le secteur, l’administration Lourenço a créé un nouvel organe régulateur en amont, l’Agence Nationale du Pétrole, du Gaz et des Biocarburants (ANPG), tout en restructurant la compagnie pétrolière nationale, Sonangol.

Cette réorganisation a permis à l’ANPG de superviser l’industrie avec une plus grande clarté juridique et procédurale, notamment dans l’octroi des licences. Simultanément, Sonangol a pu se recentrer sur son rôle d’opérateur, élargissant son portefeuille et renforçant ses collaborations avec des partenaires internationaux, avec en ligne de mire une future introduction en bourse. La stratégie pluriannuelle d’octroi de licences menée par l’ANPG a déjà abouti à l’attribution de 40 des 60 concessions visées.

La flexibilité, clé de l’attraction des capitaux

L’un des moteurs de l’investissement a été la flexibilité introduite par le gouvernement. En 2021, face à la volatilité des marchés, l’Angola a lancé son régime d’offre permanente. Ce mécanisme permet de négocier des concessions en dehors des cycles d’octroi traditionnels, les blocs restant constamment disponibles à la soumission. Entre 2021 et 2023, 27 blocs ont ainsi été attribués.

Le pays a également mis en place des politiques spécifiques pour les gisements marginaux et la production supplémentaire. Ces mesures ont ouvert des opportunités d’investissement pour des opérateurs indépendants de plus petite taille, diversifiant le paysage économique. De plus, le décret sur la production supplémentaire, lancé en 2024, encourage le réinvestissement dans les actifs matures. Selon NJ Ayuk, ce décret pourrait permettre de récupérer jusqu’à 500 millions de barils de pétrole supplémentaires et prolonger de 20 ans la durée de vie de ces gisements. ExxonMobil a d’ailleurs annoncé la première découverte sous ce régime en 2024 dans le bloc 15.

Le gaz naturel, une priorité stratégique

La réussite de l’Angola ne repose pas uniquement sur le pétrole. Le pays a su faire du gaz naturel une priorité stratégique pour sa diversification. Fort de 11 000 milliards de pieds cubes de ressources gazières, il a utilisé les réformes pour attirer des capitaux dans toute la chaîne de valeur émergente, passant de la production de gaz associé au développement de gisements de gaz non associé.

La Loi sur la monétisation du gaz (2018) et le Plan directeur du gaz (2025) ont servi de fondations à cette transition. Ces cadres réglementaires clairs ont porté leurs fruits : en 2026, le New Gas Consortium a mis en service le premier projet gazier non associé du pays, tandis qu’Azule Energy a réalisé la première découverte de gaz dédiée dans le bloc 1/14.

L’aval pétrolier pour capter la valeur nationale

Le redressement angolais s’étend également au secteur aval. Bien que produisant plus d’un million de barils par jour, l’Angola importe encore 70 % de ses produits pétroliers. Pour remédier à cette dépendance, le gouvernement a créé l’Institut Régulateur des Dérivés du Pétrole (IRDP) et a lancé un ambitieux programme de raffinage. En plus de l’usine existante à Luanda, trois nouvelles installations sont prévues : Cabinda (opérationnelle depuis 2025), Lobito (en recherche de financements) et Soyo (en préparation). Cette stratégie vise à capter davantage de valeur au niveau national.

L’analyse de NJ Ayuk se conclut sur une note optimiste et un message clair pour les autres producteurs africains.

« L’Angola a prouvé que les marchés pétroliers africains ne déclinent pas parce que les ressources disparaissent : ils déclinent lorsque les politiques deviennent rigides, que les institutions s’affaiblissent et que les investisseurs perdent confiance. Ce que l’Angola a accompli grâce à la réforme, à la flexibilité et à la volonté politique est une leçon pour tous les pays producteurs d’Afrique : si vous créez un environnement concurrentiel, les capitaux afflueront, les projets avanceront et la production pourra se redresser », déclare Ayuk.

L’ouvrage complet *Crude Oil: Power, Turnaround, and Transformation in Angola* est disponible à l’achat via ce lien : https://apo-opa.co/4vk0G5x

via Presse Agence.