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PARIS : Mobilité – Le VAE, grand absent du plan d’électrification à 10 milliards d’€

Alors que le gouvernement déploie son plan d’électrification, l’absence du vélo à assistance électrique suscite l’incompréhension des acteurs du secteur.

La coïncidence est frappante. Ce mardi 26 mai, l’ingénieur et spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici suggérait sur les ondes de RTL qu’Emmanuel Macron montre l’exemple en circulant en vélo électrique. Le soir même, le Président de la République réunissait à l’Élysée les principaux acteurs de la filière électrique pour un plan d’électrification massif, doté de 10 milliards d’euros par an. Au programme : voitures, camions, pompes à chaleur, et même les fours des artisans boulangers. Un grand absent dans cette liste : le vélo à assistance électrique (VAE). Pas une ligne, pas un mot pour le mode de transport individuel le plus sobre en énergie.

Un paradoxe économique et écologique

Cette omission interroge d’autant plus que le vélo n’est pas un mode de transport anecdotique en France. Près de 9 millions de Français pédalent régulièrement, faisant du vélo un maillon essentiel de la mobilité du quotidien. Pourtant, le marché du VAE montre des signes de fragilité. Les ventes ont chuté de 16 % depuis la suppression des aides à l’achat par le gouvernement en 2025, un chiffre qui témoigne de la forte sensibilité du secteur aux incitations publiques.

Le paradoxe est aussi écologique. À l’heure où la sobriété énergétique est un objectif national, ignorer le VAE semble incohérent. Un trajet en vélo électrique consomme une fraction infime de l’électricité nécessaire pour déplacer une voiture électrique, pour un service de mobilité souvent équivalent sur les courtes et moyennes distances. Laisser ce levier inexploité dans un plan d’électrification d’une telle ampleur soulève de sérieuses questions sur la vision stratégique de l’exécutif.

La filière du vélo monte au créneau

Face à ce constat, l’incompréhension domine au sein de la filière. William Perrier, Directeur Général Sud Europe d’Accell Group, qui rassemble des marques emblématiques comme Lapierre, Winora ou Haibike, se fait le porte-voix des interrogations du secteur. Le VAE est-il réellement le grand oublié de la transition énergétique française ? Comment justifier une politique d’électrification de la mobilité qui ignore le mode de transport le plus accessible et le plus efficace sur le plan énergétique ?

Les professionnels s’inquiètent d’un signal négatif envoyé aux millions d’usagers actuels et potentiels. L’absence de soutien public risque de freiner durablement l’adoption du VAE, alors même que celui-ci répond à des enjeux majeurs de santé publique, de décongestion des villes et de réduction de la pollution de l’air.

Un appel à une politique publique cohérente

Pour les acteurs du cycle, l’heure est à la mobilisation pour que le vélo reprenne la place qui lui est due dans les politiques publiques. La chute des ventes consécutive à l’arrêt des subventions a prouvé que le soutien de l’État est un catalyseur indispensable pour démocratiser ce mode de transport. La filière appelle aujourd’hui à une clarification et à une correction, arguant qu’un plan d’électrification ne peut être complet et efficace sans intégrer son véhicule le plus vertueux.

La question posée par l’industrie est simple : que faudrait-il concrètement pour réintégrer le vélo dans la stratégie nationale de transition ? Les leaders du secteur se disent prêts à dialoguer avec les pouvoirs publics pour construire une politique de mobilité véritablement durable et inclusive.

via Presse Agence.