BÉZIERS : Thierry Hély (FLAC) : « Rétablir l’équilibr…
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BÉZIERS : Thierry Hély (FLAC) : « Rétablir l’équilibre didactique sur la souffrance du taureau »
À l’approche de la Feria, la FLAC somme l’Office de Tourisme de Béziers d’inclure la notion de souffrance animale dans sa « corrida chuchotée ».
Le sable des arènes de Béziers ne tremble pas que sous les sabots des taureaux. À quelques semaines de la grande Feria, c’est une tempête de mots, une passe d’armes éthique qui secoue la capitale biterroise. Dans une lettre ouverte au style affûté comme une banderille, Thierry Hely, président de la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC), porte un coup de estoque verbal et met l’Office de Tourisme Méditerranée Béziers face à ses responsabilités. L’enjeu : un mot, un seul, mais un mot qui change tout. Le mot « souffrance ».
Au cœur du débat, la « corrida chuchotée », cette initiative lancée en 2024 pour initier les néophytes aux arcanes de la tauromachie via des audioguides. Une expérience immersive qui, selon ses détracteurs, polit la réalité jusqu’à l’effacer. La FLAC dénonce une présentation aseptisée, une fresque culturelle où la douleur de l’animal serait délibérément passée sous silence.
Un aveu qui change la donne
L’offensive de Thierry Hely s’appuie sur une déclaration choc et récente. Le 23 mai dernier, le maire de Béziers, Robert Ménard, lâchait sans détour dans les colonnes de « L’Écho des Tribunes » : « Bien sûr que le taureau souffre ». Une phrase simple, une évidence pour beaucoup, mais qui sonne comme un aveu officiel pour les anti-corridas. Fort de ce soutien inattendu, le président de la FLAC somme la guide-conférencière, Sarah Collado, et son directeur, Jean Muller, de réintégrer cette notion fondamentale dans les commentaires de l’édition 2026.
Il s’agit, selon lui, de rétablir un « équilibre didactique auprès d’un public profane et parfois très jeune ». L’absence de ce mot lors des éditions précédentes avait déjà provoqué une levée de boucliers, unissant des professionnels de la santé mentale et animale dans une même indignation.
La science et la psychologie entrent dans l’arène
Ce n’est pas seulement un combat d’opinion, mais une bataille appuyée par des experts. La FLAC rappelle que l’omission avait profondément choqué.
« Un collectif de psychiatres, de psychologues et des scientifiques représentant plus de 2 800 vétérinaires s’insurgent contre cette initiative de la mairie de Béziers consistant à initier à la corrida un public profane en occultant soigneusement son aspect le plus sanguinaire », avait déjà alerté l’association en 2025.
S’adressant directement à la guide-conférencière après avoir analysé un reportage radio de l’époque, Thierry Hély avait pointé le silence assourdissant.
« À aucun moment, le mot “souffrance” du taureau n’est prononcé. Comme si l’animal sensible en tant que tel n’existait pas », s’était-il ému, réclamant l’honnêteté « d’évoquer au moins le terrible tourment éprouvé par ce magnifique animal ».
Tradition contre transparence : le dilemme biterrois
La « corrida chuchotée » se voulait une passerelle, un outil pédagogique pour défendre un héritage culturel souvent attaqué. Mais en voulant séduire, n’a-t-elle pas travesti la réalité ? C’est toute la question qui pèse désormais sur l’Office de Tourisme. L’institution, dont la mission est de promouvoir le territoire, se retrouve prise entre la passion des aficionados et l’exigence de transparence d’une partie grandissante de la société.
Pour l’heure, la guide-conférencière a indiqué que sa hiérarchie formulerait une réponse. Le silence est palpable, aussi lourd que celui qui précède le face-à-face entre l’homme et la bête. Dans les arènes de Béziers, avant même le premier coup de trompette de la Feria, la corrida la plus cruciale de l’année a déjà commencé : celle des mots et de la conscience.
via PA Sport.


