PARIS : Raphaël MAISONNIER : « Le silence au travail est le…
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PARIS : Raphaël MAISONNIER : « Le silence au travail est le symptôme d’une faille managériale »
Une enquête de Fasterclass révèle un malaise profond dans les entreprises françaises où de nombreux salariés ne se sentent ni intégrés ni écoutés.
La qualité des relations professionnelles en France est mise à rude épreuve. Selon une vaste enquête publiée ce mardi 26 mai par Fasterclass, organisme spécialisé dans les compétences comportementales, un climat de méfiance et de non-dits s’est installé dans de nombreuses équipes. Le sondage, mené auprès de 3 653 actifs français, révèle que près d’un salarié sur deux ne se sent pas pleinement intégré, 57 % estiment que leur avis est rarement pris en compte et une écrasante majorité (71 %) avoue ne pas aborder ouvertement les tensions.
Pour Raphaël Maisonnier, PDG de Fasterclass, ces chiffres mettent en lumière un dysfonctionnement majeur. « La qualité des relations au travail n’est pas un sujet annexe : c’est un véritable levier de performance. Quand les équipes se comprennent, se parlent et se font confiance, elles produisent mieux et s’adaptent plus efficacement », analyse-t-il. Il alerte sur le fait que lorsque « 77 % estiment que la connaissance de soi est rarement encouragée ou éclipsée par la performance, cela révèle une faille majeure du management ».
Un sentiment d’appartenance fragile
L’un des premiers enseignements de l’étude est la fragilité du sentiment d’intégration. Si 53 % des salariés se sentent globalement intégrés, seuls 23 % l’affirment « tout à fait ». À l’inverse, 47 % des actifs ne se sentent pas pleinement à leur place, dont 16 % « pas du tout ». Ce malaise est accentué par un manque de clarté dans la répartition des missions. En effet, 41 % des sondés estiment que les rôles dans leur équipe ne sont pas clairement définis, dépendant « beaucoup des personnes ou des situations » (25 %) ou générant « souvent des tensions ou des incompréhensions » (16 %).
Une parole ignorée, une autonomie limitée
Le sentiment de ne pas être entendu est un autre point noir majeur. Seuls 14 % des salariés ont le sentiment que leur avis est « régulièrement écouté et pris en compte ». Pour la majorité (57 %), leur opinion est rarement (33 %) ou « presque jamais » (24 %) considérée.
Cette absence de reconnaissance se double d’un manque de moyens pour agir. Alors que près de sept salariés sur dix se sentent compétents et légitimes dans leur fonction, seule une minorité (19 %) déclare disposer de l’autonomie et des ressources nécessaires pour bien faire son travail. Plus d’un tiers (36 %) se sentent bridés, déclarant manquer de marge de manœuvre (28 %) ou se sentir littéralement « bloqués » (8 %) dans leurs tâches quotidiennes.
Le silence, symptôme d’un malaise profond
L’enquête révèle une culture du silence particulièrement préoccupante. Près de six salariés sur dix (58 %) jugent qu’il est difficile de parler franchement au sein de leur équipe. Dans ce contexte, la gestion des conflits est largement défaillante : 71 % des salariés évitent d’aborder les tensions. Le sujet est « souvent évité » pour 47 % d’entre eux, tandis que pour 24 %, « la tension reste présente et finit par nuire au travail collectif ». Seuls 8 % des sondés affirment que les désaccords sont discutés ouvertement pour trouver une solution.
« Ce silence n’est jamais neutre : il est presque toujours le symptôme d’une absence de sécurité psychologique. Quand un salarié choisit de se taire, ce n’est pas par manque d’opinion, c’est parce qu’il a évalué qu’il était plus risqué de parler que de se taire. Et ce calcul a un coût, pour tout le monde : les tensions non dites finissent par éroder la confiance, ralentir les décisions et user les individus », prévient Raphaël Maisonnier.
Reconnaissance et franchise : les attentes des salariés
Interrogés sur les leviers d’amélioration, les salariés ne placent pas la convivialité en tête de leurs priorités. Leurs attentes sont plus fondamentales : 31 % réclament avant tout « plus de reconnaissance du travail réalisé ». Viennent ensuite le besoin d’une écoute réelle entre collègues et managers (25 %) et la possibilité d’avoir des échanges plus francs (17 %). La clarification des rôles (15 %) et l’accompagnement au développement des compétences (12 %) complètent le tableau de leurs aspirations.
La connaissance de soi, l’angle mort du management français
L’étude, inspirée des travaux du psychologue William Schutz, pointe enfin un impensé de la culture managériale française : la connaissance de soi. Pour 77 % des salariés, ce sujet est soit rarement abordé (39 %), soit « totalement éclipsé » par les objectifs et la performance (38 %).
« La connaissance de soi ne devrait pas être un sujet annexe réservé au développement personnel : c’est une compétence managériale fondamentale. Un manager qui ne se connaît pas ne peut pas réellement comprendre ses équipes, ni instaurer la confiance nécessaire à leur engagement », conclut Raphaël Maisonnier. Il appelle les entreprises à investir dans des dispositifs structurés (coaching, formation) pour faire de la sécurité psychologique une condition de la performance durable.
Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/) est un organisme de formation et de coaching qui accompagne les entreprises sur le développement des « soft skills ». L’enquête a été réalisée en ligne du 13 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 3 653 actifs français, selon la méthode des quotas.
via Press Agence.


