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PARIS : Foncier économique – La pénurie de terrains f…

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PARIS : Foncier économique – La pénurie de terrains freine la réindustrialisation française

Un baromètre révèle que 8 intercommunalités sur 10 refusent des projets d’entreprise, faute de foncier disponible, menaçant le développement économique.

Le développement économique et la réindustrialisation de la France se heurtent à un obstacle de taille : le manque de terrains disponibles. Selon le baromètre du foncier économique 2026, publié ce mercredi 27 mai par Intercommunalités de France, le Cerema et la Banque des Territoires, la situation atteint un point critique. Le constat est sans appel : 81 % des intercommunalités, compétentes en matière d’immobilier d’entreprise, déclarent refuser des projets d’implantation faute de foncier adapté. Ce chiffre, en hausse de 14 points par rapport à 2022 (67 %), témoigne d’une accélération brutale de la pénurie.

L’étude, menée au premier semestre 2025 auprès de 215 intercommunalités, met en lumière un phénomène de saturation qui menace directement les 15 000 zones d’activités économiques (ZAE) du pays, lesquelles représentent 300 000 hectares et emploient 7,7 millions de salariés.

PARIS : Foncier économique - La pénurie de terrains freine la réindustrialisation française

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Une saturation imminente des zones d’activités

Alors qu’une précédente étude en 2022 anticipait une saturation des parcs d’activités à l’horizon 2030, les nouvelles données avancent cette échéance à 2027. Cette pression est aggravée par un détournement des usages du foncier économique. Le baromètre estime que, sur les cinq dernières années, l’équivalent de 17 terrains de football (plus de 12 hectares) a en moyenne changé d’affectation dans chaque intercommunalité, passant par exemple de l’industrie au commerce de détail.

Face à cette raréfaction, « l’enjeu n’est pas de revenir à un modèle extensif horizontal désormais dépassé. Il est de construire un modèle réaliste, conciliant développement des activités et exigences de transition écologique et de sobriété foncière », souligne Sébastien Miossec, Président délégué d’Intercommunalités de France.

Une demande économique paradoxalement soutenue

Malgré un contexte économique atone, la demande d’implantation reste forte. Près de 65 % des intercommunalités interrogées constatent une stabilité, voire une augmentation du nombre de projets sur leur territoire. Ce paradoxe confirme un basculement majeur : l’accès au foncier est devenu le prérequis absolu conditionnant la capacité des territoires à accueillir de nouvelles activités ou à permettre l’expansion des entreprises existantes.

Les besoins des entreprises évoluent également. Si la demande pour l’industrie (36 %) et l’artisanat (30 %) se maintient, celle pour la logistique (14 %) augmente, tandis que le commerce de détail (4 %) recule et que l’immobilier de bureaux s’effondre, passant de 11 % des besoins en 2022 à 0 % en 2025.

Des obstacles structurels au-delà du coût

Plus de la moitié des difficultés rencontrées pour concrétiser un projet ne sont pas d’ordre financier. Le coût du foncier ne représente que 10 % des freins invoqués. Les principaux obstacles sont l’inadéquation entre les sites disponibles et les besoins des entreprises (superficie, configuration, desserte) et l’allongement des délais administratifs pour obtenir les autorisations d’urbanisme et environnementales. À cela s’ajoutent les enjeux d’acceptabilité locale, puisque 61 % des collectivités sont confrontées à des réticences pour les projets industriels et logistiques.

Le ZAN, une opportunité sous conditions

Dans ce contexte, la loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) est perçue de manière plutôt positive. Pour 67 % des intercommunalités, cette réglementation constitue un levier pour faire évoluer les pratiques d’aménagement et renforcer la planification. Cependant, la réussite de ce nouveau modèle est conditionnée par un renforcement des capacités d’ingénierie, de portage foncier et d’investissement des collectivités.

« Notre action consiste à proposer des outils d’amorçage, de structuration et de sécurisation des projets territoriaux », explique Antoine Saintoyant, Directeur général de la Banque des Territoires, insistant sur la nécessité d’une approche partenariale pour concilier sobriété foncière et développement.

Le baromètre formule 21 propositions pour transformer cette contrainte en une opportunité de repenser l’aménagement économique du territoire. Les conclusions complètes du baromètre sont disponibles en ligne.

L’étude complète est accessible via ce lien : Repenser l’aménagement du foncier économique face à sa saturation

Une synthèse du baromètre est également disponible : Synthèse du baromètre

*Intercommunalités de France (www.intercommunalites.fr) est l’association nationale d’élus représentant près d’un millier d’intercommunalités auprès des pouvoirs publics.*

*Le Cerema (www.cerema.fr/fr), établissement public, accompagne l’État et les collectivités pour adapter les territoires au changement climatique.*

*La Banque des Territoires (banquedesterritoires.fr) est un des cinq métiers de la Caisse des Dépôts, dédiée à l’accompagnement des acteurs territoriaux dans leurs projets d’intérêt général.*

via Press Agence.