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PARIS : Marc TRILLING : « Le vrai sujet n’est pas la…

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PARIS : Marc TRILLING : « Le vrai sujet n’est pas la peur, c’est le tempo »

Une enquête Odoxa révèle une forte anxiété des salariés français face à l’IA, 61% des cadres craignant d’être remplacés.

L’intelligence artificielle (IA) cristallise les craintes et les espoirs du monde du travail. Selon une nouvelle enquête Odoxa réalisée pour Saegus, BFM Business et Stratégies, un paradoxe profond s’installe chez les salariés français : une inquiétude massive quant à l’avenir de leur emploi cohabite avec une conscience aiguë des bénéfices potentiels de cette technologie. Les résultats, publiés ce jour, dessinent un paysage complexe où le manque de formation et d’accompagnement est pointé du doigt.

Une vague d’inquiétude face à la destruction d’emplois

Le constat est sans appel : plus des trois quarts des Français (77 %) pensent que l’IA va détruire davantage d’emplois qu’elle n’en créera. Ce pessimisme, partagé par 73 % des salariés, est encore plus prononcé chez les plus de 65 ans (86 %). Cette anxiété se traduit par une peur concrète de remplacement. Ainsi, 45 % des salariés craignent que leur métier soit, au moins en partie, repris par une IA ou un robot.

Cette crainte n’est pas uniforme et touche particulièrement les plus qualifiés. Alors que 30 % des ouvriers se sentent menacés, ce chiffre grimpe à 44 % pour les employés et atteint un pic de 61 % chez les cadres. De manière encore plus frappante, ceux qui sont au cœur de la révolution technologique expriment les plus vives inquiétudes : 72 % des professionnels des technologies, du numérique et de l’innovation redoutent d’être remplacés, au moins partiellement.

Entre résignation et perception des bénéfices

Malgré ce climat anxiogène, les salariés français ne rejettent pas l’IA en bloc. Plus de la moitié d’entre eux (52 %) et près des deux tiers des cadres (63 %) se sentent « à l’aise » avec cette technologie. Convaincus qu’elle va révolutionner le monde du travail (66 %), ils perçoivent aussi des avantages concrets. Le gain de temps et de productivité pourrait, selon eux, mener à une réduction du temps de travail pour un salarié sur deux (50 %).

D’autres bénéfices sont également anticipés : 38 % estiment qu’ils pourront consacrer plus de temps aux relations avec leurs collègues, tandis que 36 % pensent que leur travail deviendra plus intéressant en déléguant les tâches les plus ingrates et chronophages à l’intelligence artificielle.

Un déficit criant de formation et de souveraineté

Cette acceptation pragmatique s’accompagne d’une critique sévère envers les entreprises et les pouvoirs publics. Une écrasante majorité de Français (77 %) et de professionnels de la tech (82 %) estime que les entreprises ne forment pas suffisamment leurs salariés à l’IA. Ce sentiment de décalage est renforcé par le jugement sur l’action publique : 72 % des Français considèrent que la France et l’Europe n’agissent pas assez pour garantir leur souveraineté en matière d’IA.

Ce double déficit d’investissement, dans le capital humain comme dans l’autonomie stratégique, nourrit le sentiment que la transition est subie plutôt que pilotée, laissant les salariés seuls face à une révolution dont ils peinent à suivre les évolutions quotidiennes.

L’analyse de l’expert : une question de tempo

Pour Marc Trilling, président et CEO de Saegus, l’inquiétude révélée par le sondage est un signal à ne pas ignorer. Il met en lumière le paradoxe central : « 88 % des professionnels du numérique pensent que l’IA va révolutionner le travail … mais 70% d’entre eux pensent que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera ! », souligne-t-il.

Selon lui, le cœur du problème n’est pas la technologie elle-même, mais sa vitesse de déploiement. « La destruction créatrice chère à Schumpeter ne fonctionne qu’à deux conditions : un délai d’adaptation suffisant, et une transférabilité réelle des compétences. L’IA générative compresse ce cycle à 24-36 mois », analyse Marc Trilling. Il insiste sur le fait que le défi majeur est humain : la transition des compétences. « Le comptable dont 60 % des tâches sont automatisées ne devient pas MLOps engineer du jour au lendemain ». Face à ce constat, il conclut que « l’inquiétude des Français n’est pas irrationnelle. Elle nous dit que le tempo de la transition est notre vrai chantier ». L’urgence est donc d’investir massivement dans la formation et la réinvention des processus pour accompagner les humains au rythme de la technologie.

L’étude complète est disponible en téléchargement sur le site d’Odoxa (https://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2026/05/Rendez-vous-de-linnovation-Mai-2026.pdf). Saegus (https://www.saegus.com/) est un cabinet de conseil spécialisé dans l’innovation et la transformation digitale.

 

via Press Agence.