Passer au contenu principal

PARIS : Marc SANCHEZ : « On demande aux TPE de compenser un…

Partager :

PARIS : Marc SANCHEZ : « On demande aux TPE de compenser une hausse des coûts qu’elles subissent déjà »

Le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) dénonce la prime carburant, une mesure qui transfère aux petites entreprises la charge de la hausse des prix.

Face à la flambée persistante des prix des carburants, la réponse du Gouvernement suscite une vive réaction de la part des organisations représentant les plus petites entreprises. Le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) a exprimé ce jeudi son profond désaccord avec la stratégie de l’exécutif, qui a confirmé renoncer à une baisse générale de la fiscalité pour privilégier une prime carburant facultative versée par les employeurs. Pour le SDI, cette approche constitue un transfert de charge inacceptable qui fragilise un peu plus un tissu économique déjà sous tension.

Une prime jugée insuffisante et inéquitable

La mesure phare encouragée par le Gouvernement, une prime défiscalisée et désocialisée, est perçue par le syndicat comme une solution en trompe-l’œil, déconnectée de la réalité économique des millions de travailleurs indépendants et de dirigeants de TPE. Si l’intention peut sembler louable, sa mise en application révèle une profonde inégalité de traitement. Le dispositif repose en effet entièrement sur la capacité financière des entreprises à l’octroyer, créant de fait une fracture entre les grands groupes, qui peuvent absorber ce coût, et les petites structures, qui en sont souvent incapables. Le SDI alerte ainsi sur les conséquences directes d’une politique qui, au lieu de soutenir les plus fragiles, leur impose une responsabilité supplémentaire.

« Un transfert de charge vers les plus petites structures »

Le secrétaire général du SDI, Marc Sanchez, analyse avec sévérité ce qu’il considère comme un renoncement de l’État à son rôle de régulateur et de protecteur. Il détaille le mécanisme pervers de la mesure dans une déclaration sans équivoque, qui illustre le sentiment d’abandon de nombreux entrepreneurs.

« En refusant une baisse générale de la fiscalité sur les carburants, le Gouvernement fait le choix de transférer la compensation vers les entreprises elles-mêmes via une prime facultative. Le problème est simple : les grandes entreprises pourront peut-être l’assumer, mais une immense partie des TPE et des indépendants n’en auront pas les moyens. On demande encore aux plus petites structures de compenser seules une hausse des coûts qu’elles subissent déjà de plein fouet », déplore Marc Sanchez.

Le carburant, un outil de travail non négociable

Le syndicat rappelle une évidence économique : pour une très grande partie de ses membres, le carburant n’est pas une simple dépense de confort, mais un outil de travail indispensable et une charge incompressible. Les artisans se déplaçant sur les chantiers, les commerçants effectuant leurs livraisons, les professionnels du bâtiment, les aides à domicile ou encore les livreurs indépendants voient leur modèle économique directement menacé par chaque centime de hausse à la pompe.

« Pour les artisans, commerçants, professionnels du bâtiment, aides à domicile ou livreurs, le carburant est un outil de travail indispensable. Chaque hausse vient rogner directement des marges déjà très faibles », insiste le secrétaire général du SDI.

Cette pression s’exerce dans un contexte déjà marqué par un ralentissement de l’activité économique et une fragilisation croissante des trésoreries, rendant toute nouvelle charge difficilement soutenable.

Appel à une refonte de la fiscalité énergétique

Au-delà de la critique de cette mesure ponctuelle, le SDI estime qu’une politique énergétique crédible ne peut reposer sur des dispositifs optionnels financés par les entreprises les plus vulnérables. Le syndicat appelle donc solennellement le Gouvernement à engager une réflexion de fond et structurelle sur la fiscalité énergétique qui pèse sur les TPE et les indépendants. Pour l’organisation, seule une approche globale et équitable permettra de garantir la pérennité de ces acteurs essentiels à l’économie française.

via Press Agence.