VALLAURIS : Exposition – Le musée Magnelli met en lum…
Partager :

VALLAURIS : Exposition – Le musée Magnelli met en lumière la période vallaurienne d’Anton Prinner
Le musée Magnelli consacre une exposition estivale à Anton Prinner, revenant sur les quinze années décisives passées par l’artiste à Vallauris.
Le musée Magnelli, musée de la Céramique, présentera du 4 juillet au 28 septembre 2026 une exposition monographique consacrée à l’artiste d’origine hongroise Anton Prinner (1902-1983). Intitulée « Le ciel pour plafond », cette rétrospective se concentrera sur une période charnière de sa carrière : les années passées à Vallauris, où son art prit une nouvelle dimension. L’événement, qui se tiendra dans la salle Eden, rassemblera une cinquantaine d’œuvres et de documents, incluant sculptures, céramiques, estampes et archives, pour offrir un panorama complet de ce créateur singulier.
Vallauris, une terre d’expérimentation
C’est au cœur des années 1950 qu’Anton Prinner s’installe à Vallauris, alors en pleine effervescence artistique. Il intègre l’atelier du Tapis Vert, fondé par Claire et René Batigne, un lieu où il vivra et travaillera pendant quinze ans. Cet environnement se révèle particulièrement propice à l’expérimentation et devient le creuset de sa grande sculpture. À Vallauris, son œuvre gagne en monumentalité, nourrie par un rapport direct et intense à la matière, ainsi qu’une quête formelle et spirituelle incessante.
La sculpture, entre matière et spiritualité
Bien qu’ayant exploré de multiples médiums, Anton Prinner s’est toujours défini avant tout comme sculpteur. Dès 1937, il opère un tournant majeur, délaissant une abstraction d’inspiration constructiviste pour une figuration profondément personnelle. Il abandonne le métal pour se consacrer à la taille directe dans la pierre, puis le bois, se confrontant ainsi à la matière brute. Ce dialogue s’intensifie et change d’échelle à Vallauris, comme en témoigne son œuvre monumentale *L’Homme*, une figure de 3,75 mètres de haut taillée dans un tronc de 90 centimètres de diamètre. Ses créations, caractérisées par des figures polies, des corps tendus vers l’unité et une présence à la fois frontale et intérieure, témoignent d’une recherche exigeante, imprégnée de symbolisme, d’ésotérisme et d’une fascination pour la mythologie égyptienne.
Céramique et gravure, des pratiques complémentaires
Dans la cité des potiers, la céramique s’impose logiquement comme un médium essentiel pour l’artiste. Toutes ses sculptures étaient d’abord modelées dans la terre, lui offrant un contact immédiat avec la matière et le geste créateur. Cette pratique lui permet de prolonger ses recherches formelles, tout en développant un univers où la couleur reste volontairement sobre et maîtrisée. Parallèlement, la gravure occupe une place majeure dans son parcours. Formé au célèbre Atelier 17 de William Hayter, Prinner développe un procédé innovant, la « papyrogravure », qui utilise des cartons comme matrices. Les thématiques explorées dans ses estampes, souvent spirituelles et ésotériques, préfigurent les grands axes de son travail sculptural à venir.
Une œuvre atypique à redécouvrir
L’exposition « Anton Prinner – le ciel pour plafond » met en évidence la cohérence d’une œuvre traversée par une même exigence artistique et philosophique. Elle illustre la rencontre féconde entre une modernité plastique et les savoir-faire artisanaux de Vallauris. Le musée Magnelli rend ainsi hommage à un parcours atypique au sein de la modernité du 20ème siècle, celui d’un artiste porté par un idéalisme radical et une profonde spiritualité, dont l’œuvre, encore trop peu exposée dans son ampleur, mérite une pleine reconnaissance.

