PARIS : Pensions de famille – L’Unafo appelle à…
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PARIS : Pensions de famille – L’Unafo appelle à consolider un modèle de logement accompagné qui a fait ses preuves
À l’aube de la Semaine nationale des pensions de famille, l’Unafo appelle à pérenniser ce dispositif de logement accompagné pour les plus démunis.
Alors que près de 450 événements se préparent dans toute la France pour la 6ème Semaine nationale des pensions de famille, du 25 au 31 mai prochains, l’Unafo tire la sonnette d’alarme. L’Union professionnelle du logement accompagné, co-organisatrice de l’événement, publie ce jour un appel à la consolidation d’un modèle qui loge durablement plus de 25 000 personnes isolées et précarisées. Face à une crise du logement aiguë, l’organisation demande la sécurisation des avancées obtenues grâce aux plans « Logement d’abord » et la mise en place d’une stratégie de développement claire pour l’avenir.
Un « chez-soi » pour rompre l’isolement
Les pensions de famille et les résidences accueil constituent une réponse concrète pour les personnes fragilisées, souvent après un parcours de rue ou des ruptures de vie, pour qui un logement ordinaire est inenvisageable à court terme. Ces structures à taille humaine proposent un logement individuel et autonome, tout en offrant des espaces collectifs qui favorisent les liens sociaux et luttent contre la solitude.
La pierre angulaire du dispositif repose sur la présence quotidienne d’hôtes. Ces professionnels accompagnent les résidents, animent la vie collective, apportent un soutien dans les démarches administratives et font le lien essentiel avec les partenaires sociaux et sanitaires. Une déclinaison spécifique, les résidences accueil, s’adresse aux personnes souffrant de troubles psychiques stabilisés, avec un partenariat renforcé pour assurer la continuité des soins.
Un modèle plébiscité mais fragilisé
Depuis 2017, les deux plans quinquennaux pour le Logement d’abord ont donné une impulsion décisive au secteur, avec des objectifs de production ambitieux et une revalorisation des financements. L’Unafo salue ces progrès mais souligne que le modèle doit désormais être consolidé pour faire face aux défis actuels. Les besoins restent immenses et les gestionnaires font face à de multiples contraintes : complexité du montage des projets, difficultés économiques, vieillissement et perte d’autonomie des résidents. À cela s’ajoute un contexte de désertification médicale qui fait peser de nouvelles responsabilités sur les hôtes, un métier qui connaît par ailleurs des difficultés de recrutement.
Face à ce constat, l’union professionnelle appelle à sécuriser les financements de fonctionnement sur le long terme, à reconnaître pleinement le rôle des gestionnaires et des hôtes, à soutenir la formation pour renforcer l’attractivité des métiers et à garantir des conditions économiques viables pour les futurs projets.
La clé du succès : l’ancrage territorial
Une pension de famille ne se décrète pas depuis Paris ; elle se construit sur le terrain. Le succès de chaque projet dépend d’une coopération étroite entre l’État, les collectivités locales, les bailleurs sociaux, les associations gestionnaires et l’ensemble des acteurs de la santé et de l’insertion. Que ce soit dans les grandes métropoles, les villes moyennes ou les zones rurales, ces résidences apportent une réponse de proximité à la précarité. Leur taille humaine facilite leur intégration et en fait des lieux ouverts et utiles à la vie de quartier.
La mobilisation des élus locaux est donc décisive. En inscrivant ces dispositifs dans les programmes locaux de l’habitat (PLH) ou les stratégies territoriales du Logement d’abord, les collectivités peuvent lever des freins, notamment fonciers, et favoriser l’acceptation de ces projets. La Semaine nationale joue ici un rôle crucial en ouvrant les portes de ces résidences pour en montrer le vrai visage : des lieux de vie, de confiance et de lien social.
Préparer l’après-2027, une priorité absolue
L’année 2027 marquera la fin du deuxième plan Logement d’abord et de son objectif de créer 10 000 places supplémentaires en cinq ans. Pour l’Unafo, cette échéance ne doit pas être un point final mais un tremplin pour amplifier une politique publique qui a démontré son efficacité. L’union plaide dès maintenant pour que l’avenir s’articule autour de trois priorités : maintenir une ambition nationale de développement, garantir une trajectoire budgétaire pluriannuelle pour planifier les projets et mieux articuler les objectifs nationaux avec les réalités du terrain. À l’heure où les dispositifs d’hébergement d’urgence sont saturés, les pensions de famille s’affirment comme une solution durable, humaine et économiquement pertinente.


