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PARIS : Dopage – Les « Enhanced Games » massivement rejetés, mais une jeunesse perméable
Un sondage Odoxa révèle un rejet massif des « Enhanced Games » par les Français, mais une tolérance grandissante au dopage chez les jeunes.
À quelques jours des « Enhanced Games », une compétition autorisant l’usage de produits dopants qui doit se tenir le 24 mai à Las Vegas, l’opinion publique française affiche une opposition quasi unanime. Selon un baromètre sport Odoxa réalisé pour Winamax et RTL, 77 % des Français se déclarent défavorables à l’organisation de cet événement, et une écrasante majorité de 82 % s’oppose à la légalisation du dopage dans le sport. Ces chiffres témoignent d’un attachement profond à une éthique sportive traditionnelle.
Pourtant, derrière ce consensus de façade, l’enquête met en lumière une fracture générationnelle préoccupante qui pourrait redéfinir les contours du sport de demain.
Un fossé générationnel inquiétant
Si le rejet du dopage est massif, l’analyse des résultats par tranche d’âge révèle des nuances de taille. Alors que seuls 20 % des Français dans leur ensemble accorderont de l’importance aux performances réalisées lors des « Enhanced Games », ce chiffre bondit à 41 % chez les 18-24 ans, soit un intérêt deux fois supérieur à la moyenne nationale. À l’inverse, les 65 ans et plus ne sont que 11 % à y prêter attention.
Cette tendance se confirme face à la question d’un « dopage sous contrôle ». Si à peine 8 % des sportifs amateurs français se disent prêts à sauter le pas, cette proportion grimpe à 10 % chez les 18-24 ans et atteint un pic de 16 % chez les 25-34 ans. « Il est particulièrement intéressant de noter que la capacité à sauter le pas du « dopage sous contrôle » est au plus haut dans une catégorie d’âge au sein de laquelle les capacités sportives tendent à amorcer leur déclin », analyse Erwan Lestrohan, Directeur Conseil chez Odoxa.
L’inquiétude parentale suit la même courbe. Alors que 72 % des Français jugeraient « très inquiétant » qu’un de leurs enfants ait recours au dopage, ce sentiment est partagé par 85 % des plus de 65 ans, mais seulement par 54 % des moins de 25 ans. Pour ces derniers, le sujet semble donc moins tabou. Ces données dessinent une frontière de plus en plus floue entre performance et dopage pour les jeunes générations.
Lutte anti-dopage : un combat jugé perdu d’avance
Ce glissement sémantique et éthique chez les plus jeunes est amplifié par un sentiment général de défaitisme quant à l’efficacité de la lutte anti-dopage. Une majorité de Français estime que les instances sportives ont perdu cette bataille, quelle que soit la discipline. Le cyclisme arrive en tête des sports où la lutte est jugée inefficace (62 %), suivi du football (57 %), de l’athlétisme (52 %), du tennis (52 %) et du rugby (50 %).
Ce pessimisme ambiant nourrit un cercle vicieux : si la lutte officielle est perçue comme un échec, la crédibilité des performances est entachée et l’idée d’une compétition « à la loyale » s’effrite, ouvrant potentiellement la voie à des alternatives radicales comme les « Enhanced Games ».
Pour les auteurs de l’étude, ces résultats soulignent une double urgence : « rappeler la dangerosité du dopage aux jeunes générations et son caractère antisportif », mais aussi « montrer la capacité des dirigeants sportifs à lutter efficacement contre le dopage ». La garantie d’un « sport propre » apparaît ainsi comme la condition indispensable pour maintenir l’équité des compétitions et la confiance du public.
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*Sondage réalisé par Odoxa pour Winamax et RTL par Internet les 6 et 7 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Le rapport complet est disponible à l’adresse suivante : https://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2026/05/Barometre-Sport-Odoxa_Winamax_RTL-Enhanced-Games-Dopage.pdf*
Barometre-Sport-Odoxa_Winamax_RTL-Enhanced-Games-Dopage
via Press Agence.


