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AIX EN PROVENCE : Sandrine FAUCOU : « La Grande Provence n’est pas une carte postale, c’est un territoire vivant »

Dix filières agricoles s’unissent sous le collectif ‘Labels de Grande Provence’ pour valoriser leurs savoir-faire via les labels AOP, IGP et Label Rouge.

Face à une quête croissante de sens et de transparence dans l’assiette, des producteurs de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de ses territoires limitrophes se mobilisent. Unis au sein du collectif « Labels de Grande Provence », dix filières emblématiques lancent une vaste campagne de communication pour promouvoir les Signes Officiels d’Identification de la Qualité et de l’Origine (SIQO) qui certifient leurs produits. L’initiative, portée par la Chambre régionale d’agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur et cofinancée par l’Union européenne, vise à réaffirmer la valeur des labels AOP, IGP et Label Rouge comme des garanties d’authenticité, de respect du terroir et de pratiques durables.

« La Grande Provence n’est pas une carte postale. C’est un territoire vivant, un travail, une culture partagée », déclare Sandrine Faucou, productrice de Petit Épeautre de Haute Provence IGP et porte-parole du collectif. « Nous sommes celles et ceux qui cultivent ces terroirs. Nous observons, nous adaptons, nous protégeons. Nous perpétuons des pratiques qui préservent les sols, la biodiversité et les ressources ».

AOP, IGP, Label Rouge : des sigles comme remparts

Dans un contexte de défiance alimentaire, le collectif entend clarifier la signification de ces trois labels. L’Appellation d’Origine Protégée (AOP) et l’Indication Géographique Protégée (IGP) sont des signes européens garantissant un lien étroit entre un produit et son territoire, où au moins une étape clé de production est réalisée. Le Label Rouge, signe français, certifie quant à lui une qualité gustative supérieure à celle des produits courants, validée par des tests sensoriels et un cahier des charges strict.

Obtenir l’un de ces signes est le fruit d’un long processus collectif, validé par l’Institut National de l’Origine et de la qualité (INAO). Des organismes de contrôle indépendants et accrédités par l’État assurent ensuite le respect des engagements tout au long de la chaîne, de la production à la commercialisation. Pour les producteurs, ces labels sont un outil de pérennité économique, permettant de maintenir des emplois en zone rurale et de valoriser des savoir-faire ancestraux.

Un territoire d’excellence et des engagements concrets

La « Grande Provence » du collectif s’étend sur dix départements de trois régions (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes), un périmètre défini non par des frontières administratives mais par les aires géographiques des cahiers des charges. On y retrouve des productions aussi diverses que le Foin de Crau (AOP), le Riz de Camargue (IGP), les Huiles et Olives de Provence (AOP), l’Agneau de Sisteron (IGP et Label Rouge), le vin des Baux-de-Provence (AOP) ou encore le Miel de Provence (IGP).

Au-delà de la qualité gustative, ces filières s’engagent sur des enjeux environnementaux majeurs, au premier rang desquels la gestion de l’eau. Chaque production a développé des techniques adaptées au climat méditerranéen. Le Petit Épeautre de Haute Provence, céréale rustique, ne nécessite que très peu d’irrigation. Pour le vin des Baux-de-Provence, elle n’est autorisée qu’en cas de sécheresse extrême et via des méthodes économes.

La gestion de l’eau, un savoir-faire ancestral

L’irrigation, loin d’être un simple arrosage, est une pratique structurante pour l’écosystème. Les canaux gravitaires pour le Foin de Crau constituent de véritables corridors écologiques et participent à la recharge des nappes phréatiques, qui alimentent plus de 250 000 habitants en eau potable. De même, la submersion des rizières en Camargue est essentielle pour lutter contre la salinisation des sols et préserver l’équilibre de cet environnement littoral fragile.

Pour faire connaître ces engagements, le collectif déploiera son plan d’action de 2025 à 2028, incluant une présence sur des événements grand public et une stratégie numérique. Une rencontre avec la presse est notamment organisée le mercredi 27 mai prochain au Tholonet, près d’Aix-en-Provence, pour présenter en détail les ambitions de ces producteurs engagés.

L’ensemble des informations sur les filières et leurs démarches est accessible sur le site officiel du collectif (https://labels-grande-provence.eu/). Ce projet est piloté par la Chambre Régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur (https://paca.chambres-agriculture.fr/).