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NICE : Art Naïf – Amélie CGASSARY dialogue avec l’œuvre de Séraphine Louis
Le 6 juin, le Musée d’Art Naïf de Nice propose un dialogue entre Amélie Chassary et Séraphine Louis sur le thème du végétal.
Dans le cadre de la manifestation nationale « Rendez-vous aux jardins », l’Association des Amis du Musée d’Art Naïf Anatole Jakovsky organise une rencontre artistique singulière le samedi 6 juin 2026. L’événement, intitulé « Regards Croisés », mettra en scène un dialogue sensible entre l’artiste contemporaine Amélie Chassary et l’icône de l’art brut, Séraphine Louis. Trois œuvres de la première seront présentées face à celles de la seconde, explorant les résonances profondes qui unissent leurs univers autour du motif floral. Entre photographie, peinture et poésie, cette confrontation révèle comment la nature, transfigurée, devient un langage vibrant, à la fois intime et universel.
Amélie Chassary, la photographe-peintre du vivant
Née en 1980, Amélie Chassary développe une pratique artistique à la croisée des disciplines. À travers sa série « Fantastic Flowers », elle instaure une conversation étroite entre la photographie et la peinture, créant des bouquets en perpétuelle métamorphose. Le processus part d’images ancrées dans le réel, que l’artiste retravaille ensuite à la gouache extra-fine. Par son intervention picturale, elle transforme la structure originelle, amplifie les couleurs et fait jaillir des formes exubérantes, parfois hybrides.
Les fleurs se libèrent ainsi de leur simple dimension naturaliste pour devenir les vecteurs d’un imaginaire foisonnant, à mi-chemin entre l’observation et l’invention pure. Diplômée de l’École Supérieure d’Art Graphique Penninghen à Paris, Amélie Chassary a vu son travail récompensé par plusieurs prix et exposé internationalement. Son œuvre explore le temps, la mémoire et la poésie du quotidien, révélant la magie cachée dans la fragilité du vivant.
Séraphine de Senlis, la visionnaire autodidacte
L’univers d’Amélie Chassary trouve une résonance particulière avec celui de Séraphine Louis (1864-1942), dite Séraphine de Senlis. Figure majeure des « Primitifs Modernes » découverts par le collectionneur Wilhelm Uhde, Séraphine menait une vie modeste de femme de ménage, peignant en secret le soir à la lueur d’une bougie. Totalement autodidacte, elle fabriquait ses propres couleurs à partir de pigments, de cire et de Ripolin, dont la brillance est devenue sa signature.
Pour Séraphine, la nature n’est pas représentée mais transfigurée par une vision intérieure, presque mystique. Ses toiles, peintes entre 1927 et 1930, sont de véritables explosions végétales, des jardins intérieurs où des bouquets flamboyants et des arbres de vie saturent l’espace. Son art, né d’une ferveur solitaire, est un langage spirituel et incandescent. La crise de 1929 mettra fin au soutien de son mécène, et Séraphine, sombrant dans la folie, sera internée en 1932, où elle cessera de peindre jusqu’à sa mort dix ans plus tard.
Un dialogue par-delà le temps
Le lien entre les deux artistes se tisse dans leur manière commune de concevoir le bouquet. Chez l’une comme chez l’autre, il n’est jamais un simple assemblage décoratif mais devient un organisme vivant, en pleine expansion. La principale différence réside dans leur point de départ : là où Séraphine invente ses motifs dans un élan autonome, Amélie Chassary inscrit son geste dans un dialogue avec le réel photographique, qu’elle altère pour le dépasser.
Pourtant, la même volonté de transcender le regard descriptif pour atteindre une dimension intuitive les anime. La profusion des formes et la vibration des couleurs traduisent une même quête : rendre visible l’énergie intérieure du végétal. Cette rencontre artistique permet de jeter un pont entre deux époques et deux sensibilités, unies par la célébration de la poésie et de la richesse du monde naturel.
Informations pratiques
L’événement « Regards Croisés » se tiendra le samedi 6 juin 2026 au Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky, situé au 23, avenue de Fabron à Nice. Installé dans l’ancienne résidence du parfumeur François Coty, le Château Sainte Hélène, le musée offre un panorama unique de l’histoire de la peinture naïve du 18ème siècle à nos jours.
Trois visites guidées d’une durée d’une heure seront proposées au public à 11h, 14h et 15h pour découvrir cette confrontation artistique inédite.


