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PARIS : Noelia CRUZADO : « Les professionnels exigent des leaders humains »
Une étude mondiale de l’agence MARCO révèle un changement de paradigme dans le leadership, où l’empathie et la responsabilité priment désormais.
La figure du leader visionnaire, charismatique mais distant, semble appartenir au passé. En 2026, les qualités attendues d’un dirigeant évoluent profondément vers un modèle plus pragmatique et humain, centré sur la responsabilité, la communication et l’adaptabilité. C’est le constat majeur du Rapport mondial sur la consommation publié ce jour par l’agence de communication MARCO. L’enquête, menée auprès de plus de 4 500 consommateurs dans sept pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Brésil et Mexique), dessine les contours d’un nouveau type de management.
Responsabilité et action : les nouveaux piliers du leadership
Loin des grandes déclarations d’intention, les collaborateurs attendent désormais des résultats concrets et des dirigeants qui assument leurs décisions. En France, les qualités les plus valorisées sont sans équivoque la responsabilité et la communication, toutes deux notées 7,8/10, suivies de près par la capacité à résoudre les problèmes (7,6/10).
À l’inverse, les traits de caractère traditionnellement associés au leadership semblent en perte de vitesse. L’ambition (6,9/10) et la vision stratégique (6,7/10) arrivent en bas du classement des qualités étudiées. Ce désintérêt pour les concepts abstraits traduit une lassitude face aux discours jugés creux. Les équipes privilégient l’action et l’impact tangible : la fiabilité d’un manager prime sur sa capacité à inspirer par de lointaines promesses.
L’intelligence émotionnelle, compétence non négociable
Si l’atteinte des objectifs reste un critère de performance essentiel, la manière d’y parvenir a radicalement changé. Le savoir-faire technique (7,7/10) et la capacité à donner une direction (6,9/10) sont importants, mais ne suffisent plus. L’intelligence émotionnelle s’impose comme une exigence fondamentale. L’empathie et la transparence obtiennent ainsi un score élevé de 7,5/10 en France. Cette tendance montre que les collaborateurs recherchent des leaders à l’écoute, conscients des enjeux humains et non uniquement focalisés sur l’exécution des tâches.
Un management personnalisé et inclusif plébiscité
La demande pour un leadership plus humain se confirme à l’échelle mondiale. Une écrasante majorité des sondés (90,4 %) estime que les managers devraient adapter leur style de management aux besoins spécifiques de chaque membre de leur équipe. Cet appel à un accompagnement personnalisé est particulièrement prégnant dans les environnements de travail devenus plus hybrides et diversifiés.
Parallèlement, la promotion d’une culture d’entreprise solidaire et collaborative n’est plus une option. Au niveau mondial, plus de la moitié des personnes interrogées jugent l’inclusivité et la collaboration comme « extrêmement importantes ». La France suit cette tendance : près de 55 % des répondants considèrent ces aspects comme primordiaux (score supérieur à 8/10), dont 31,6 % leur attribuent même une note de 9 ou 10. Le travail d’équipe et le soutien mutuel sont devenus des attentes fondamentales.
Des attentes qui varient selon les cultures
Bien que la tendance de fond soit globale, le rapport MARCO met en lumière des nuances culturelles. Si le triptyque responsabilité, communication et résolution de problèmes s’impose partout, certaines spécificités émergent. Au Brésil, au Mexique et au Portugal, les attentes envers les dirigeants sont globalement plus élevées, avec une forte demande d’implication et d’inspiration. Les pays d’Europe du Sud (Italie, Espagne, Portugal) valorisent davantage les qualités liées à l’intelligence émotionnelle, tandis que l’Espagne et l’Allemagne privilégient un leadership pragmatique, orienté vers l’action et les résultats directs. La France et l’Allemagne se distinguent par un équilibre, accordant une importance quasi égale aux compétences techniques (« hard skills ») et comportementales (« soft skills »).
« Les données sont claires : en 2026, il n’y a plus de place pour les leaders qui se cachent derrière des slogans ambitieux sans produire d’impact concret. Les professionnels exigent des leaders “humains”, des individus responsables, transparents et capables de naviguer dans la complexité du travail hybride avec empathie. Aujourd’hui, le rôle d’un manager n’est pas seulement de diriger, mais de donner les moyens d’agir en reconnaissant les besoins uniques de chaque individu et en favorisant une culture de l’honnêteté », commente Noelia Cruzado, CEO de MARCO.

