LA ROQUE-D’ANTHÉRON : Alain du PONTAVICE : « Un dialo…
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LA ROQUE-D’ANTHÉRON : Alain du PONTAVICE : « Un dialogue entre l’architecture et les œuvres »
À La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône), l’artiste Alain du Pontavice présente « Murmures », un dialogue entre art et méditation.
Joyau de l’art cistercien en Provence, la majestueuse abbaye de Silvacane, à La Roque-d’Anthéron, accueillera du 12 juillet au 31 octobre 2026 l’exposition « Murmures » de l’artiste peintre abstrait Alain du Pontavice. Sur plus de 700 m², une quarantaine d’œuvres entreront en résonance avec l’architecture épurée et la lumière de ce lieu millénaire, proposant une expérience contemplative et sensorielle où patrimoine et création contemporaine se rencontrent.
Un dialogue avec la pierre et la lumière
Érigée à partir de 1175 sur les bords de la Durance, l’abbaye de Silvacane est, avec ses sœurs de Sénanque et du Thoronet, l’un des plus purs exemples de l’art roman cistercien. C’est dans ce décor dénué d’ornement, où le silence invite à l’apaisement, que les créations d’Alain du Pontavice trouveront leur place. L’exposition est conçue comme un dialogue sensible entre les textures des œuvres, les volumes de la pierre et les variations de la lumière au fil des jours. Les peintures et installations apparaissent comme des « empreintes sensibles », évoquant les murmures de la nature et de l’être intérieur. « J’ai toujours ressenti les bruits du vent, des feuillages, de la mer et autres éléments naturels comme des murmures, des voix intérieures qui nous émeuvent, nous appellent. C’est cette connexion profonde entre les essences que je mets en relation avec les voix intérieures de méditants tels que les moines », explique l’artiste.
Un parcours en trois actes
L’exposition se déploie dans trois espaces majeurs, chacun abritant une série d’œuvres distincte.
Le parcours débute dans le dortoir des moines avec la série Murmures. Sous la voûte en berceau brisé, le visiteur découvrira une œuvre monumentale, *Murmures dans les dunes*, créée spécifiquement pour le lieu, ainsi qu’une installation jouant sur les ondulations du sable blanc et de l’ardoise.
Le réfectoire est, quant à lui, dédié à la thématique des Stèles. L’artiste y met en miroir des monolithes bruts extraits de carrières et des stèles imaginaires sur toile ou métal, dont les surfaces gravées et les couches de peinture sédimentées évoquent le passage du temps.
Enfin, la salle capitulaire accueille la série Cosmos. Dans cet espace aux proportions harmonieuses, les œuvres explorent la métamorphose des planètes et la perspective cosmique, tissant un lien entre l’infini de l’univers et la profondeur de l’intime. « Le stade de la fusion me fascine. Je le vis comme une transformation intérieure autant qu’à une échelle qui me dépasse », confie Alain du Pontavice.
Une immersion sensorielle dans l’armarium
L’expérience se prolonge dans l’armarium, petite salle voûtée où étaient conservés les livres de prière. L’artiste y propose une immersion visuelle et sonore. Une vidéo de quatre minutes, projetée en boucle sur un grand écran, anime des toiles de la série *Murmures* sur une bande-son mêlant les bruits des vagues, du vent dans les feuillages, du crépitement du feu et des sons d’animaux. « Cette scène immersive est une interprétation de la série où peinture, sons et mouvement trouvent ici de nouveaux accords », précise-t-il.
Alain du Pontavice, un peintre de l’intime
Formé au dessin dès son plus jeune âge, Alain du Pontavice a développé un parcours singulier. Après une maîtrise de chinois mandarin, il passe quinze ans en Asie où il approfondit la calligraphie, le Taiji et la méditation. Un séjour en Amérique du Sud l’imprègne ensuite de l’énergie des Andes. Depuis 2004, il se consacre entièrement à la peinture abstraite, qu’il conçoit comme une exploration intérieure. Son processus créatif, intuitif et expérimental, accorde une place centrale à la matière. Il travaille la peinture à l’huile par strates successives, enrichies de sable, de pigments ou de métal, laissant émerger des paysages intérieurs. « C’est le processus, l’immersion dans l’inconnu dans l’acte de peindre, qui est ici le plus précieux, car il a force de révélation pour moi », déclare l’artiste. Installé dans le Sud de la France, il expose régulièrement à l’international, et ses œuvres figurent dans des collections privées en Europe, aux États-Unis et au Japon.
L’exposition « Murmures » se tiendra du 12 juillet au 31 octobre 2026 à l’abbaye de Silvacane (La Roque-d’Anthéron). Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h45 et de 14h à 17h.

