PARIS : UDI – L’entrisme, ce mal silencieux
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PARIS : UDI – L’entrisme, ce mal silencieux
Ludovic Toro, Maire de Coubron (93), Conseiller régional d’Île-de-France et Conseiller de la Métropole du Grand Paris.
L’entrisme ronge chaque jour un peu plus notre République, en rappelant sa définition : tactique adoptée par certaines organisations et visant à faire entrer dans une autre organisation certains de leurs membres en vue d’en modifier la pratique et les objectifs.
Le séparatisme, nous le connaissons. Il s’affiche, revendique sa rupture avec les lois communes et organise un contre-pouvoir revendiqué haut, fort et visible.
L’entrisme, lui, est beaucoup plus discret. Il ne réclame rien brutalement, mais s’installe peu à peu, faisant croire à une forme de normalité. Il s’infiltre, se fond dans les institutions, et travaille de l’intérieur certaines pratiques ou morales qui seraient au-dessus des lois de la République. Souvent, quand on le découvre, il est déjà bien implanté et il devient, alors, très difficile de faire machine arrière.
Les maires sont en première ligne face à ce mal insidieux qui détruit chaque jour un peu plus nos valeurs communes. Ils mesurent chaque jour l’ampleur du défi et font le maximum pour le combattre. Les demandes souvent concrètes, formulées avec une apparente banalité, viennent fracturer le socle républicain dans son principe fondamental d’égalité. Des élèves refusant des cours d’éducation civique ; des piscines municipales sommées d’organiser des créneaux différenciés selon le sexe. Plus largement des patients refusant d’être soignés par un soignant au motif de leur sexe. Et surtout, des réseaux sociaux qui, lorsque leurs contenus sont interdits en France, continuent de diffuser depuis l’étranger des discours contraires à la laïcité et à l’égalité femmes-hommes, ciblant délibérément les plus jeunes et les plus fragiles.
Face à cela, le désarroi des élus locaux est réel. Nous disposons d’une autorité morale, pas toujours des outils juridiques qui permettraient d’agir vite, fort et efficacement. Le projet de loi annoncé par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, apporte un début de réponses dont nous avons besoin.
Mais soyons clairs sur ce que nous défendons. Chacun est libre de croire ou de pratiquer et de faire ce qu’il souhaite en privé, mais personne, en revanche, ne peut imposer ses préceptes, ses visions et ses décisions dans le domaine public. Ce serait clairement une attaque à tout ce que nous défendons au quotidien et qui a fait l’histoire de notre pays dans ses victoires et ses combats.
Le respect de l’autre et le bien vivre ensemble ne peut accepter un changement des règles de notre société portées par certains. Il est grand temps d’agir avant que cela ne soit trop tard.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.


