AUBAGNE : Biotech – Askleia lève 2,3 M€ pour révoluti…
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AUBAGNE : Biotech – Askleia lève 2,3 M€ pour révolutionner la production de biomédicaments
À Aubagne, près de Marseille, la biotech Askleia lève 2,3 M€ pour accélérer le développement de sa technologie innovante de bioproduction.
La start-up deeptech Ipsomel Innovation, spécialisée dans la production de molécules d’origine biologique, vient de finaliser une augmentation de capital de 2,3 millions d’euros. Cette opération, menée auprès de ses actionnaires historiques et du fonds iXcore, spécialisé dans les biotechs, coïncide avec un changement de nom stratégique. Depuis le 2 avril 2026, l’entreprise se nomme Askleia, en référence à Asclépios, le dieu de la médecine. Ce financement doit permettre à la société, installée à Aubagne depuis 2023, d’accélérer la validation et le déploiement industriel de sa technologie de rupture destinée à la production de biomédicaments.
Une nouvelle identité pour un changement d’échelle
Ce nouveau chapitre est incarné par une nouvelle équipe dirigeante, en place depuis avril 2025, composée de Jean-François Hilaire (Président), Hervé Jeanpierre (Directeur général) et Jean-Étienne Fortier (COO). « Cette nouvelle levée de fonds et ce changement de nom marquent une étape structurante dans notre développement. Avec Askleia, nous affirmons notre ambition d’accélérer la validation industrielle de notre technologie et de préparer la commercialisation de nos équipements », a déclaré Jean-François Hilaire.
L’ambition est claire : commercialiser des équipements industriels de bio-production d’ici 2030. Pour y parvenir, Askleia, soutenue par le pôle de compétitivité Eurobiomed, prévoit de doubler ses effectifs pour atteindre une trentaine de collaborateurs d’ici fin 2026, puis une centaine à l’horizon 2030. L’entreprise vise un chiffre d’affaires dépassant les 400 millions d’euros d’ici 2040.
Une technologie de rupture brevetée
Le marché des biomédicaments (ARN messagers, peptides, protéines recombinées) est en plein essor, mais se heurte à un obstacle majeur : le coût de production. L’étape de purification, qui consiste à extraire la molécule d’intérêt de son milieu de culture, représente jusqu’à 60 % des coûts de fabrication. C’est sur ce verrou technologique qu’Askleia concentre son innovation.
Couverte par deux brevets, sa technologie repose sur le principe de l’électrophorèse en flux libre et en microfluidique. Elle vise à remplacer les systèmes de chromatographie, actuellement la norme industrielle. Selon l’entreprise, les avantages sont significatifs : une réduction des coûts de production d’au moins 50 %, un procédé plus rapide et continu qui n’altère pas les molécules, et une diminution considérable des rejets polluants grâce à l’absence de solvants et de résines à régénérer.
Une feuille de route ambitieuse jusqu’en 2030
Pour atteindre son objectif de commercialisation, Askleia a défini une feuille de route précise. Dès 2026, elle lancera une offre de services pour les phases précoces de développement de nouveaux médicaments. Suivront la production de lots pour études pré-cliniques en 2027, puis de lots cliniques en 2028, avant le lancement des équipements industriels en 2030.
À terme, Askleia envisage d’adresser d’autres marchés. Selon une étude du Boston Consulting Group, le marché de la bio-production pour les industries cosmétique et agroalimentaire pourrait atteindre 200 milliards de dollars d’ici 2040, des segments que la biotech compte investir une fois sa technologie qualifiée pour le secteur pharmaceutique.
Des partenariats stratégiques et un soutien institutionnel
Le développement d’Askleia s’appuie sur un écosystème solide. L’entreprise collabore déjà avec des partenaires académiques et industriels de premier plan, tels que l’Institut Pierre-Gilles de Gennes à Paris pour les prototypes microfluidiques, le CEA-LETI à Grenoble pour l’intégration des systèmes, l’entreprise bYoRNA à Pessac pour les procédés de production, et l’Institut des sciences moléculaires de Marseille pour la séparation de peptides. L’entreprise bénéficie également du soutien de Bpifrance via son programme d’Aide au Développement Deeptech. Ces alliances stratégiques sont un atout majeur pour valider et imposer sa technologie sur un marché mondial très compétitif.

