PARIS : Littérature – La poétesse Nour ELASSY raconte…
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PARIS : Littérature – La poétesse Nour ELASSY raconte Gaza et l’exil dans un premier recueil
Réfugiée à Paris, la jeune poétesse gazaouie Nour Elassy publie un premier recueil poignant sur l’horreur de la guerre et le déracinement.
La scène littéraire française s’apprête à accueillir une nouvelle voix puissante et nécessaire. Le 9 septembre prochain paraîtra en librairie « Il manque à mes mains de quoi te sauver », le premier recueil de poésie de Nour Elassy. Cet ouvrage est annoncé comme un témoignage brut et sensible sur l’expérience du conflit à Gaza et le drame de l’exil, porté par une jeune auteure qui a personnellement vécu les événements qu’elle décrit. Présenté comme une œuvre qui « marquera indéniablement sa génération », le livre se veut une parole de mémoire et de résistance face à l’effacement.
De Gaza à Paris, le parcours d’une survivante
Nour Elassy est une poétesse et journaliste palestinienne née en 2002 à Gaza City. Son parcours personnel est indissociable de son œuvre poétique. Après les événements du 7 octobre 2023, elle a été contrainte, comme des centaines de milliers de ses compatriotes, de fuir son domicile pour se déplacer avec sa famille vers Deir el Balah, au centre de la bande de Gaza.
Son arrivée en France en 2025 marque le début d’un exil qui nourrit aujourd’hui son écriture. Loin de sa terre natale, elle poursuit désormais des études de sciences politiques à la prestigieuse École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris. C’est depuis la capitale française qu’elle transforme son expérience traumatique en une matière littéraire, offrant une perspective intime et universelle sur la perte, la survie et la résilience du peuple palestinien.
Un premier recueil pour témoigner
« Il manque à mes mains de quoi te sauver » explore les thèmes de l’horreur de la guerre, qualifiée de « génocide » dans la présentation de l’ouvrage, et du « douloureux exil » qui en découle. La poésie devient pour Nour Elassy une arme contre l’oubli et le silence, un moyen de préserver la mémoire d’un quotidien et d’un peuple menacés de disparition. Le recueil s’ouvre sur des vers qui donnent le ton de l’ensemble de l’œuvre, mêlant la douleur de la destruction à la force indestructible du souvenir et de l’identité :
« Même s’ils t’ont brûlé les paumes
mère de toutes les mères
même s’ils ont relégué ton histoire au néant,
rien ne pourra, moi,
me faire remiser
nos souvenirs, notre bonheur
le sourire lumineux
de tes enfants
Tu es verte quand bien même ils ont
brûlé toutes tes olives
mère de toutes les mères »
Une plume déjà saluée par ses pairs
Avant même sa publication, l’œuvre de Nour Elassy a su attirer l’attention de figures majeures du paysage intellectuel et littéraire. Le recueil bénéficie d’une préface signée par l’essayiste et journaliste Mona Chollet, un soutien de poids qui témoigne de la portée du texte.
L’auteure est également présentée comme une voix déjà repérée par des écrivains reconnus tels que Karim Kattan, auteur franco-palestinien, ou encore la prix Nobel de littérature Annie Ernaux. Cette reconnaissance précoce positionne Nour Elassy comme une figure émergente de la jeunesse palestinienne, dont la parole poétique, forgée dans la tragédie, est attendue comme un événement littéraire et humain de la rentrée.


