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PARIS : Jasmine ESCALERA : « Le syndrome de l’imposteur n’e…

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PARIS : Jasmine ESCALERA : « Le syndrome de l’imposteur n’est pas un manque de compétence »

Une étude monCVparfait révèle que plus de la moitié des salariés souffrent du syndrome de l’imposteur, un phénomène qui freine leur carrière.

C’est un mal-être silencieux qui ronge les open spaces et les bureaux. Malgré une confiance affichée dans leurs capacités, plus d’un salarié sur deux (51 %) déclare ressentir le syndrome de l’imposteur au travail, ayant l’impression de ne pas mériter sa place. Tel est le constat paradoxal d’une nouvelle étude menée en mars 2026 par monCVparfait auprès de 1 000 actifs en Europe, qui met en lumière l’ampleur de ce phénomène et son impact délétère sur les carrières et la culture d’entreprise. L’enquête révèle un décalage croissant entre le ressenti des collaborateurs et l’image de confiance qu’ils estiment devoir projeter. monCVparfait (https://www.moncvparfait.fr/) est une plateforme spécialisée dans la création de CV en ligne.

Un mal-être paradoxal et largement répandu

Le sentiment d’imposture s’avère bien plus fréquent qu’on ne pourrait le penser. Si 26 % des répondants affirment ne jamais se sentir illégitimes, ils sont 51 % à éprouver cette sensation « au moins de temps en temps » (28 % « parfois », 18 % « souvent » et 5 % « toujours »). Ce doute est d’autant plus surprenant que la grande majorité des salariés attribuent leur succès à leur travail et à leurs aptitudes : 67 % estiment que leur réussite professionnelle est due « entièrement » ou « principalement » à leurs compétences, contre seulement 4 % qui l’attribuent à la chance. Cette dissonance entre la perception de sa propre valeur et le sentiment de ne pas être à la hauteur crée une tension psychologique constante pour de nombreux actifs.

La culture d’entreprise, un terreau fertile pour le doute

L’étude suggère que les causes de ce syndrome sont moins à chercher dans un manque de confiance individuel que dans l’environnement professionnel lui-même. « Le syndrome de l’imposteur n’est pas un manque de compétence, c’est souvent une réaction à des environnements de travail qui valorisent davantage l’assurance et la visibilité que l’apprentissage et l’honnêteté », analyse Jasmine Escalera, experte carrière chez monCVparfait. Près de 7 salariés sur 10 (69 %) ressentent ainsi la pression de devoir paraître plus compétents ou confiants qu’ils ne le sont réellement. Parmi les principaux facteurs alimentant ce doute, les salariés citent la comparaison avec des collègues jugés très performants (32 %), le manque de retours constructifs ou de reconnaissance (29 %), un perfectionnisme personnel exacerbé (28 %) et les attentes élevées du management (22 %).

Des carrières freinées et une performance bridée

Les conséquences de ce mal-être ne sont pas anodines et impactent directement les trajectoires professionnelles. Une part écrasante des répondants (68 %) estime que le doute de soi a eu un effet négatif sur leur progression de carrière. Ce sentiment d’illégitimité se traduit par des comportements contre-productifs, tant pour l’individu que pour l’entreprise. Face au doute, 28 % des salariés remettent systématiquement en question leurs propres décisions, tandis que 27 % se sentent obligés de travailler davantage pour prouver leur valeur, au risque de l’épuisement. D’autres hésitent à prendre la parole ou à partager leurs idées (16 %), évitent de nouvelles responsabilités (15 %) ou minimisent leurs propres réussites (18 %), freinant ainsi l’innovation et leur propre visibilité.

Le silence des managers, un cercle vicieux

L’enquête pointe enfin la responsabilité du management dans la perpétuation de ce phénomène. En ne montrant que rarement leur propre vulnérabilité, les dirigeants entretiennent une culture où l’erreur n’a pas sa place. Seuls 7 % des salariés affirment que leurs responsables parlent fréquemment de leurs propres difficultés ou échecs. À l’inverse, une majorité (56 %) déclare que leurs supérieurs n’abordent « rarement, voire jamais » ces sujets. « Lorsque les dirigeants ne parlent ni de leurs erreurs ni de ce qu’ils ont appris en chemin, cela peut renforcer l’idée qu’il faut toujours paraître sûr de soi et taire ses doutes », conclut Jasmine Escalera. Ce manque de transparence empêche de normaliser le doute comme une étape naturelle de tout parcours professionnel et entretient un cercle vicieux où chacun se sent seul face à ses incertitudes.

L’étude complète est disponible sur le site de monCVparfait : https://www.moncvparfait.fr/blog/syndrome-imposteur