TOULON : Environnement – Qualité de l’eau, cadm…
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TOULON : Environnement – Qualité de l’eau, cadmium et biodiversité au cœur des préoccupations
Entre la suspension des comités de l’eau et l’alerte au cadmium, les enjeux sanitaires et écologiques se multiplient dans le Var et en France.
La convergence de plusieurs dossiers environnementaux et sanitaires majeurs met en lumière les tensions croissantes entre impératifs économiques, protection de la santé publique et préservation de la biodiversité. De la gestion de la ressource en eau à la contamination des sols, en passant par les initiatives citoyennes et la lutte contre les espèces invasives, l’actualité souligne l’urgence d’une action coordonnée.
Protection de l’eau : une gouvernance mise en pause
Une décision gouvernementale récente a jeté un froid sur la gestion concertée de l’eau en France. Toutes les décisions prises par les « Parlements de l’Eau », ces instances démocratiques locales qui incluent les six Comités de bassin (dont le comité Rhône Méditerranée Corse pour la région) et les Commissions locales de l’eau (CLE) comme celles du Gapeau ou de la Siagne, ont été suspendues. Ces structures, qui rassemblent élus, représentants de l’État, agriculteurs et associations, sont pourtant essentielles à l’équilibre des usages de la ressource.
Selon plusieurs observateurs, cette mesure interviendrait sous la pression de syndicats agricoles, notamment la FNSEA et la Coordination rurale. L’objectif affiché par le gouvernement serait d’« assouplir » plusieurs réglementations visant à protéger la ressource, en particulier celles concernant les pollutions par les produits phytosanitaires, y compris dans les périmètres sensibles des zones de captage d’eau potable.
Cette orientation fait craindre un recul significatif des politiques de protection de l’eau, comme l’analyse le média spécialisé Vert
Cadmium : une contamination alimentaire alarmante
La santé publique est également au centre des préoccupations suite à la publication, le 25 mars 2026, d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Le document révèle une surexposition préoccupante de la population française au cadmium, un métal lourd classé cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR) depuis 2012.
La principale source d’exposition est l’alimentation, contaminée par l’usage d’engrais phosphatés qui polluent durablement les sols et les végétaux. Les chiffres sont sans appel : près d’un Français sur deux serait concerné, et ce taux atteint 100 % chez les enfants de 2 à 3 ans. Face à ce constat, l’agriculture biologique apparaît comme une alternative protectrice.
Selon une étude de l’Association Santé Environnement France (Asef), les aliments issus de l’agriculture biologique contiendraient 48 % de cadmium en moins que les produits conventionnels.
En réponse, le gouvernement a annoncé que le dépistage du cadmium (par dosage urinaire ou sanguin) devrait être remboursé dès l’été 2026. Toutefois, cette mesure sera limitée aux seules personnes jugées « potentiellement surexposées » en raison de leur lieu de résidence, une restriction qui suscite déjà des interrogations.
Mobilisations locales et initiatives citoyennes
Sur le terrain, les citoyens s’organisent. À Tourtour, dans le Var, un projet de nouvelle décharge suscite une forte opposition.
Un collectif « Non à la décharge » a lancé une pétition en ligne pour contrer cette installation.
Parallèlement, des projets constructifs voient le jour, à l’image de la création de Perls (Production d’Energie Renouvelable Locale et Solidaire), une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) sur le territoire du Parc naturel régional de la Sainte-Baume. Portée par des citoyens, cette initiative vise à développer localement les énergies renouvelables. Son premier chantier consistera à installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture d’une école communale du Beausset.
Plus de détails sont disponibles sur le site du projet
Chenilles processionnaires : privilégier les solutions écologiques
Le retour saisonnier des chenilles processionnaires du pin, urticantes et dangereuses pour les humains et les animaux, pose un défi écologique. Si la pulvérisation de Bacillus thuringiensis (Bt) est reconnue pour son efficacité, ce traitement n’est pas sélectif et peut affecter de nombreux autres insectes, fragilisant davantage la biodiversité.
Des alternatives plus respectueuses de l’écosystème existent et sont recommandées. L’installation de pièges à collier autour des troncs permet de capturer les chenilles lorsqu’elles descendent en procession au début du printemps. Un vade-mecum détaille cette méthode.
Une autre approche, complémentaire, consiste à favoriser la prédation naturelle en installant des nichoirs à mésanges, grands consommateurs de ces chenilles, comme le préconise la LPO ainsi que des abris pour les chauves-souris.
Pour s’informer et agir, huit associations locales proposent une projection du film « Soulèvements » le jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma Le Royal à Toulon, en présence du réalisateur.

