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LE CAP : Farid GHEZALI – La Banque Africaine de l’Énergie au cœur de l’AEW 2026

Farid Ghezali, chef de l’APPO, présentera au Cap la Banque Africaine de l’Énergie, nouvel outil de financement pour l’autonomie du continent.

La future architecture financière du secteur énergétique africain sera l’un des thèmes centraux de l’African Energy Week (AEW) 2026, qui se tiendra du 12 au 16 octobre prochain au Cap, en Afrique du Sud. L’African Energy Chamber a confirmé la participation de Farid Ghezali, secrétaire général de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO). Son intervention est particulièrement attendue alors que la Banque africaine de l’énergie (AEB), une institution qu’il pilote aux côtés de la Banque africaine d’import-export (Afrexibank), s’apprête à devenir opérationnelle d’ici juin 2026 depuis son siège à Abuja, au Nigeria.

Une réponse stratégique au vide financier

La création de la Banque africaine de l’énergie est une initiative conçue pour combler le vide laissé par le retrait progressif des institutions financières occidentales des projets pétroliers et gaziers sur le continent. Ce désengagement a eu des conséquences concrètes, avec plus de 150 projets essentiels actuellement au point mort en Afrique, faute de capitaux suffisants.

Pour pallier ce déficit, le mandat de l’AEB couvrira l’intégralité de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration en amont à la distribution en aval, en passant par les infrastructures intermédiaires. Dotée d’une capitalisation initiale de 5 milliards de dollars, la banque ambitionne de déployer 10 milliards de dollars dans sa première phase. L’objectif à plus long terme est de mobiliser jusqu’à 15 milliards de dollars pour financer des projets pétroliers et gaziers d’ici 2030. Une étape décisive a été franchie en février 2026, lorsque le Nigeria a officiellement remis les clés du siège de la banque à l’APPO et à Afrexibank.

L’APPO, un acteur panafricain en pleine mutation

Fondée à Lagos en 1987 avec huit États membres, l’Organisation des producteurs africains de pétrole a considérablement élargi son influence. Basée aujourd’hui à Brazzaville, au Congo, elle regroupe 18 pays, représentant la totalité des nations productrices de pétrole du continent, de l’Algérie à la Namibie. Une réforme majeure menée en 2019 a transformé son rôle : au-delà de la simple coordination des marchés, l’APPO est devenue un facilitateur actif de l’investissement et du financement. La création de l’AEB est à ce jour le résultat le plus tangible de cette nouvelle vision stratégique.

Vers une souveraineté énergétique et financière

Au-delà du financement direct, Farid Ghezali a souligné que l’AEB a le potentiel de redéfinir la manière dont les compagnies pétrolières nationales africaines (NOC) accèdent aux capitaux. Historiquement, les 18 compagnies nationales membres de l’APPO ont opéré sans plateforme financière commune, ce qui limitait leur capacité collective à attirer des investissements à grande échelle.

La banque devrait ainsi soutenir les introductions en bourse des NOC, en les connectant aux marchés de capitaux et aux fonds souverains. Un autre objectif majeur est d’unifier la tarification intra-africaine du pétrole et du gaz, ce qui pourrait générer jusqu’à 30 % d’économies sur les factures d’importation d’énergie pour les États membres.

« L’AEB représente plus qu’une nouvelle institution financière. C’est une déclaration selon laquelle l’Afrique entend contrôler les conditions de son propre développement énergétique », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. « L’APPO a passé des années à jeter les bases institutionnelles et à harmoniser les positions des États membres pour rendre ce projet crédible ».

L’intervention de M. Ghezali lors de l’AEW 2026, le plus grand rassemblement africain consacré à l’énergie, s’annonce donc comme un moment clé pour évaluer comment l’arrivée de la Banque africaine de l’énergie redessine le paysage du financement énergétique du continent.