GYF SUR YVETTE : Électricité – L’essor des reno…
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GYF SUR YVETTE : Électricité – L’essor des renouvelables intermittents fragilise le système français, selon une étude du GAENA
Une analyse du GAENA montre que l’essor des renouvelables a réduit la part pilotable du parc électrique, menaçant la stabilité du réseau.
À Saclay (Essonne), le Groupe Argumentaire sur les Énergies Nucléaire et Alternatives (GAENA), une émanation de l’Association des Retraités du groupe CEA (ARCEA), vient de publier une analyse détaillée du système électrique français sur la période 2009-2025. Le rapport, rédigé par l’expert Jean-Paul Hulot et basé sur les données publiques de RTE, dresse un constat paradoxal : malgré une augmentation massive de la puissance installée, le réseau électrique national est devenu structurellement plus fragile.

Un parc de production en pleine mutation
L’étude met en lumière une transformation spectaculaire du parc de production français. La puissance totale installée est passée de 120,4 GW en 2009 à 164,6 GW fin 2025, soit une hausse de plus de 44 GW. Cette croissance est quasi exclusivement portée par le déploiement massif des énergies renouvelables intermittentes. La capacité éolienne a été multipliée par plus de cinq, passant de 4,6 GW à 25,9 GW, tandis que le parc photovoltaïque a littéralement explosé, bondissant de 0,2 GW à 30,4 GW.
Parallèlement, le parc thermique à flammes (charbon, fioul, gaz) a connu une baisse modérée, passant de 26 GW à 18,7 GW. Le rapport note cependant que cette diminution est quasiment à l’arrêt depuis 2017. Le parc hydraulique, atout majeur de la flexibilité du système, est resté stable à 25,7 GW. Quant au parc nucléaire, après la fermeture de la centrale de Fessenheim en 2020 (une perte de 1,8 GW), il est remonté à 63 GW avec la mise en service de l’EPR de Flamanville en 2025.
La chute préoccupante de la part pilotable
Le cœur de l’alerte lancée par le GAENA réside dans l’érosion de la part pilotable du système. Les moyens de production pilotables (nucléaire, hydraulique, thermique à flammes) sont ceux qui peuvent être activés à la demande pour assurer à chaque seconde l’équilibre vital entre la production et la consommation. Or, l’afflux d’énergies intermittentes, dont la production est par nature « fatale » car dépendante des conditions météorologiques, a fait chuter la proportion de puissance pilotable de 88,7 % en 2009 à seulement 60,3 % en 2025.
Cette baisse continue est jugée très préoccupante par les auteurs. L’étude souligne que de telles évolutions « diminueraient le pourcentage pilotable du parc de production, ce qui fragiliserait le système électrique et pourrait à terme rendre difficile l’équilibrage du réseau en cas d’incident ». La capacité du réseau à faire face à une défaillance ou à une pointe de consommation imprévue s’en trouve ainsi réduite.
Un système sous-utilisé et plus coûteux
Cette nouvelle configuration a des conséquences économiques directes. Alors que la production annuelle d’électricité est restée globalement stable autour de 500 TWh (hors année 2022), le facteur de charge global de l’ensemble du parc s’est effondré, passant de 48,1 % à 38,1 %. Cela signifie que les installations sont en moyenne beaucoup moins utilisées, ce qui pèse sur leur rentabilité et génère un « surcoût global du système électrique ».
Pour pallier l’intermittence, il est en effet indispensable de conserver des moyens de production pilotables, notamment des centrales à gaz, prêtes à démarrer rapidement. Le rapport pointe également une autre incohérence du système : en raison de la priorité d’accès au réseau accordée aux renouvelables, il arrive que la production nucléaire, pilotable et décarbonée, soit contrainte de baisser (« s’effacer ») lors de pics de production éolienne ou solaire. Une situation qui, selon le GAENA, « ne représente aucun avantage pour les rejets de CO2 et présente même un surcoût financier ».
L’analyse complète (Article GAENA n° 50) est disponible sur le site de l’association (https://www.energethique.com).
via Press Agence.


