PARIS : Yohann PETIOT : « La situation du secteur reste sou…
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PARIS : Yohann PETIOT : « La situation du secteur reste sous forte tension »
Les ventes de mode ont reculé de 3,1% en avril, un repli imputé à l’inflation malgré une météo pourtant très favorable à la consommation.
Le secteur de l’habillement traverse une nouvelle zone de turbulences. En dépit d’un mois d’avril particulièrement ensoleillé et doux, les enseignes ont enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires en magasin de -3,1% par rapport à avril 2025, selon le dernier baromètre du Panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce. Cette contre-performance marque le huitième mois consécutif de recul de l’activité, portant la baisse à -3,0% depuis le début de l’année 2026.
Un contexte économique qui pèse sur la consommation
Alors que les conditions météorologiques auraient dû inciter aux achats de saison, le contexte économique a lourdement pesé sur le moral des ménages, qui a atteint son plus bas niveau depuis septembre 2023. Le retour de l’inflation et les prix élevés des carburants, exacerbés par le conflit au Moyen-Orient, ont contraint les consommateurs à des arbitrages budgétaires défavorables au secteur de la mode. Cette tendance se reflète dans la quasi-totalité des indicateurs : tous les segments (femme, homme, enfant, grand public et premium) sont touchés. Le montant du panier moyen accuse lui aussi une légère baisse de -0,9%, et la fréquentation globale des points de vente physiques a diminué de -3,4% sur la période.
Les zones commerciales périphériques les plus touchées
L’analyse géographique révèle des disparités importantes, directement liées aux modes de déplacement. Les emplacements commerciaux nécessitant l’usage de la voiture subissent les reculs les plus nets. Les outlets accusent ainsi une chute de -10% de leur activité, suivis par les centres commerciaux de périphérie à -5,8%. La hausse du prix de l’essence a un impact direct sur la fréquentation de ces destinations. Les centres commerciaux de centre-ville enregistrent une baisse de -4,8%. En revanche, les magasins sur rue en centre-ville, bénéficiant d’une clientèle de proximité, limitent le recul à -2,2%. Les zones d’activité commerciale et les retail parks, avec une offre souvent positionnée sur des prix plus accessibles, s’en sortent légèrement mieux avec une baisse contenue à -1,8%.
Le e-commerce ne compense pas les pertes
Face à la désaffection des magasins physiques, une partie des consommateurs s’est reportée sur les achats en ligne. Le chiffre d’affaires sur Internet a ainsi progressé de +2,8% en avril, les clients privilégiant un mode d’achat ne nécessitant pas de déplacement coûteux. Toutefois, cette croissance reste modeste et ne suffit pas à inverser la tendance globale. Sur l’ensemble de l’année 2026, la progression du web se limite à +0,7%, une performance insuffisante pour compenser les pertes enregistrées dans les réseaux de magasins.
Un appel à la mobilisation des pouvoirs publics
Pour Yohann Petiot, Directeur général de l’Alliance du Commerce, ces chiffres sont particulièrement alarmants et témoignent d’une dégradation profonde du climat de consommation.
« Le recul des ventes en avril est particulièrement préoccupant car il intervient malgré des conditions météorologiques très favorables, traditionnellement porteuses pour notre secteur. Ce résultat confirme avant tout un net affaiblissement du moral des ménages et une forte prudence dans les dépenses de consommation », analyse-t-il.
Il souligne l’impact direct des tensions géopolitiques sur le portefeuille des Français : « La hausse des prix des carburants, du fait du blocage du détroit d’Ormuz, pèse directement sur les comportements d’achat et sur la fréquentation des magasins. Les consommateurs arbitrent davantage leurs déplacements comme leurs dépenses, ce qui pénalise particulièrement les commerces physiques ».
Face à cette situation, il lance un appel : « Après huit mois consécutifs de recul de l’activité en magasin, la situation du secteur reste sous forte tension. Dans ce contexte, il est indispensable que les pouvoirs publics restent pleinement mobilisés pour soutenir la consommation et préserver les entreprises confrontées à une dégradation continue de leur activité ».
À propos du panel
Cette analyse est issue du Panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, qui regroupe plus de 70 enseignes d’habillement représentant plus de 10 000 magasins en France.
L’Alliance du Commerce (www.alliancecommerce.org) est la principale organisation professionnelle du secteur de l’équipement de la personne.
Présentation du Panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce
L’Alliance du Commerce et Retail Int. s’associent pour développer un panel d’enseignes représentatives sur le marché de l’habillement. Actuellement, le panel comporte plus de 70 enseignes d’habillement représentant plus de 10.000 magasins.
L’Alliance du Commerce rassemble l’Union du grand commerce de centre-ville, la Fédération des enseignes de l’habillement et la Fédération des enseignes de la chaussure. Elle représente 16.000 magasins et 150.000 salariés dans le secteur de l’équipement de la personne.
Pour en savoir plus : www.alliancecommerce.org
Retail Int. collecte quotidiennement les données de vente de ses enseignes membres, et leur renvoie tous les jours une comparaison de leur croissance globale avec le panel d’enseignes, et de la croissance de chacun de leurs magasins avec les enseignes voisines. Retail Int. a aussi développé un modèle établissant le potentiel de CA d’un magasin, utilisé pour diagnostiquer la performance des magasins existants et estimer le potentiel sur de nouveaux emplacements.
Pour en savoir plus : http://www.retailint.fr
La société Retail Int. (http://www.retailint.fr) est spécialisée dans la collecte et l’analyse des données de vente pour les enseignes du commerce.
via Press Agence.


