PARIS : Sport-Santé – Quand le jardin devient un terr…
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PARIS : Sport-Santé – Quand le jardin devient un terrain de jeu thérapeutique
La Fondation Cognacq-Jay transforme ses jardins en véritables arènes de soin et de réhabilitation pour ses patients et résidents.
Oubliez les couloirs aseptisés et les salles de rééducation confinées. Le véritable combat pour la santé, la reconquête de soi, se joue désormais en plein air, sur l’herbe fraîche, à l’ombre des arbres. En Île-de-France, en Haute-Savoie et dans le Var, la Fondation Cognacq-Jay fait voler en éclats les codes de l’accompagnement médical en transformant ses jardins en de puissants alliés thérapeutiques. Une révolution douce où chaque brin d’herbe, chaque fleur, devient un partenaire dans le parcours vers le mieux-être.
La marche, premier pas vers la reconquête
Le premier geste, le plus simple, le plus fondamental : un pas après l’autre. À l’Hôpital Cognacq-Jay à Paris, cette reconquête du mouvement est au cœur de la bataille, notamment pour les patients du service nutrition-obésité. « Pendant toute l’année, j’organise des marches dans le jardin. Sous une forme ludique, à différents rythmes, avec des mouvements de bras et de jambes pour éveiller le corps, ces séances entre les plantes et les arbres leur font du bien », explique avec passion Églantine Hauduroy, enseignante en Activité Physique Adaptée (APA), véritable coach de cette renaissance corporelle.
Même son de cloche à l’Hôpital Forcilles, en Seine-et-Marne, où la nature devient une alliée stratégique pour préparer l’après. « La nature a un rôle essentiel dans le parcours de soins et participe aussi à un mieux-être, pour ces patients qui préparent leur vie après l’hôpital. Ce type de promenade sert par exemple à la réhabilitation respiratoire après une opération », confirme Kevin Chancy, responsable des projets de santé. La marche devient alors un espace de respiration, au propre comme au figuré, un trait d’union vital entre la maladie et la guérison.
Le témoignage poignant d’une combattante
Mais qui mieux qu’une ancienne patiente pour décrire cette victoire intime ? Le récit d’une résidente de l’Hôpital Cognacq-Jay est un uppercut d’émotion et de vérité : « Quand mon état de santé m’a permis de me promener dans le jardin, je me suis sentie privilégiée. Enfin, je pouvais m’extraire un petit moment de l’environnement strictement hospitalier ! Je respirais, dans la nature, mais en restant protégée, juste à quelques pas de ma chambre ». Des mots qui résonnent comme le cri de la victoire après un long combat.
Du potager au poulailler, l’autonomie en pleine croissance
Le sport, c’est aussi l’apprentissage et la discipline. Pour les jeunes des Maisons d’enfants de la Fondation, notamment en Haute-Savoie, le jardinage se mue en un formidable terrain d’entraînement à la vie. Bêcher, planter, arroser, récolter… Chaque geste est une leçon de patience et de responsabilité. « Un potager est un bon outil pédagogique pour les jeunes. Il faut l’entretenir, veiller sur la récolte, s’occuper du compost, et on peut même cuisiner ses légumes », souligne Marine Martinez, cheffe de service. Depuis mars, l’arrivée d’un poulailler a ajouté une nouvelle dimension à ce programme, renforçant la confiance en soi et le sens du collectif chez ces jeunes athlètes de la vie.
Un swing pour le grand âge
Le défi du maintien de l’autonomie ne connaît pas d’âge. À Rueil-Malmaison, l’Ehpad de la Fondation dispose d’un parc spectaculaire de 4 hectares, un stade verdoyant aménagé pour les aînés. Pour aller plus loin, les équipes ont imaginé un projet audacieux : un mini-golf. « « Un swing pour l’autonomie » est né d’échanges pluridisciplinaires. Il a été précisément conçu afin d’utiliser le parc dans la lutte contre la perte d’autonomie, mais aussi pour inciter les résidents et leurs proches à découvrir ce magnifique environnement », détaille Gérald Meuris, cadre logistique. Une initiative qui prouve que le jeu et le dépassement de soi n’ont pas de date de péremption.
L’immersion nature, l’ultime ressourcement
Et pour la phase ultime de récupération, la Fondation a créé un véritable havre de paix : la Villa Cognacq-Jay. Nichée sur la presqu’île de Giens, dans le Var, cette maison de vacances solidaire accueille les personnes fragilisées par la maladie ou le handicap. C’est la retraite du champion, le lieu où l’on vient panser ses plaies, physiques et morales, bercé par le chant des cigales. Plus qu’un simple repos, c’est une immersion totale dans une nature bienfaitrice, un dernier souffle puissant avant de repartir à la conquête de la vie.


