PARIS : Marc SANCHEZ : « L’État doit être au rendez-vous et…
Partager :

PARIS : Marc SANCHEZ : « L’État doit être au rendez-vous et il ne l’est pas »
Face à une croissance nulle au premier trimestre 2026, le Syndicat des Indépendants & TPE alerte sur la situation critique des petites entreprises.
L’économie française est au point mort. C’est le constat implacable dressé ce lundi 4 mai 2026 par l’INSEE et la Banque de France, dont les derniers chiffres confirment une stagnation inquiétante. Avec une croissance de 0,0 % au premier trimestre, l’Hexagone prolonge une fin d’année 2025 déjà marquée par l’atonie. Ce tableau morose est aggravé par un recul de la consommation des ménages, un ralentissement de l’investissement des entreprises et une reprise de l’inflation, principalement alimentée par la flambée des prix de l’énergie.
Pour le Syndicat des Indépendants & TPE (SDI), cette situation ne relève plus du simple ralentissement, mais constitue un véritable point de bascule vers une crise profonde, menaçant directement les plus petites structures.
Les TPE en « mode survie »
Le syndicat met en lumière une divergence critique entre la capacité de résilience des grands groupes et la fragilité extrême des très petites entreprises. Celles-ci, qui forment le maillage économique des territoires, sont aujourd’hui en première ligne face au choc conjoncturel.
« Quand la croissance est à zéro, les grandes entreprises ralentissent. Les TPE, elles, passent en mode survie », alerte Marc Sanchez, président du SDI.
Cette analyse macroéconomique se traduit par des signaux très concrets sur le terrain. Les commerces de proximité voient leur fréquentation chuter, les artisans et les entreprises du bâtiment constatent que leurs carnets de commandes se vident dangereusement, tandis que leurs marges sont littéralement écrasées par la hausse généralisée des coûts. Les secteurs les plus exposés, tels que la restauration, les services à la personne et le bâtiment, encaissent le choc de plein fouet.
Un décalage dangereux entre l’analyse et la réalité
Face à cette dégradation rapide, le SDI dénonce ce qu’il perçoit comme une inaction et un décalage entre le discours officiel et la réalité vécue par les entrepreneurs. Alors que la Banque de France maintient une prévision de croissance annuelle de +0,9 % pour 2026, le syndicat y voit une lecture trop théorique, déconnectée des difficultés quotidiennes des petites entreprises.
« Le pays entre dans une phase de crise, mais l’action publique reste en mode gestion courante. Ce décalage devient dangereux. Pour une TPE, la crise ne se mesure pas en dixièmes de point de PIB. Elle se mesure en jours de trésorerie désormais », insiste Marc Sanchez.
Un appel à une réaction gouvernementale immédiate
Le syndicat appelle donc le gouvernement à changer radicalement de posture et à passer en « mode crise ». Il formule trois demandes prioritaires pour éviter une vague de défaillances qui fragiliserait l’ensemble du tissu économique local.
Le SDI réclame ainsi la mise en place de mesures d’urgence pour soutenir la trésorerie des TPE, véritable nerf de la guerre dans la période actuelle. Il demande également des dispositifs concrets pour amortir le choc des coûts énergétiques, qui pèsent lourdement sur les bilans. Enfin, il plaide pour une simplification administrative rapide, afin de permettre aux chefs d’entreprise de se concentrer sur leur survie plutôt que sur la bureaucratie.
Sans une intervention rapide et massive des pouvoirs publics, le risque est celui d’une dégradation accélérée de l’économie de proximité. « Nous sommes dans une guerre économique contre la crise. Les TPE sont en première ligne. L’État doit être au rendez-vous et il ne l’est pas », martèle le président du SDI. Il conclut par une mise en garde sans appel : « Les TPE ne peuvent pas absorber seules le choc. Si elles tombent, c’est toute l’économie de terrain qui vacille ».


