PARIS : Audiovisuel public – Les professionnels dénon…
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PARIS : Audiovisuel public – Les professionnels dénoncent un rapport « idéologique et à charge »
Quatre organisations majeures de l’audiovisuel dénoncent le rapport Alloncle sur le service public, adopté avec les voix de la droite et du RN.
L’adoption du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, ce lundi 27 avril, a provoqué une vive réaction des professionnels du secteur. Dans un communiqué commun publié ce mercredi, l’Union des Producteurs de Cinéma (UPC), l’ARP (Auteurs, Réalisateurs, Producteurs), la Société des réalisateurs de films (SRF) et le Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI) contestent fermement les conditions de ce vote et les conclusions du document. Ils alertent sur ce qu’ils qualifient de dérive dangereuse pour le débat démocratique.
Une adoption sur fond d’alliance politique
Le rapport, rédigé par le député UDR Charles Alloncle, a été approuvé par une courte majorité de 12 voix contre 10. Selon les signataires, ce résultat n’a été rendu possible que par une « alliance de la droite avec le RN », mais aussi et surtout par « l’abstention de la majorité présidentielle ».
Les organisations professionnelles ciblent particulièrement l’ambiguïté du parti présidentiel, jugeant sa position de non-confrontation risquée. « Cette position est dangeureuse pour notre démocratie », affirment-elles dans leur communiqué. Elles estiment que le silence face à des affirmations jugées « fallacieuses » équivaut à leur laisser le champ libre. Pour elles, « les contredire sur des bases factuelles relève de l’intérêt général ».
Un rapport « à charge » et des biais méthodologiques
Sur le fond, la critique est sans appel. Les organisations dénoncent « un spectacle désolant, une enquête à charge, idéologique, projetant sur la place publique de nombreuses contre-vérités ». Elles estiment que les biais méthodologiques qui ont émaillé les travaux de la commission affaiblissent considérablement la crédibilité des conclusions présentées par Charles Alloncle.
Face à ce qu’elles considèrent comme une charge partiale, les organisations renvoient vers une analyse alternative. Elles invitent à consulter « le contre-rapport publié par la Scam », présenté comme une analyse « rigoureuse et étayée » permettant de démonter point par point les arguments du rapporteur.
Un appel à la défense de l’audiovisuel public
Au-delà de la controverse, les professionnels réaffirment leur « attachement à un audiovisuel public fort, pilier du débat démocratique ». Ils annoncent leur intention de rester mobilisés pour défendre ce modèle et le faire évoluer, notamment en consolidant ses garanties institutionnelles face aux tentatives de remise en cause.
Concluant sur une note combative, les organisations s’engagent à poursuivre leur action pour un débat « exigeant, fondé sur des faits solides et une véritable pluralité des points de vue ». Elles préviennent qu’elles combattront « ceux et celles qui souhaitent le voir disparaître ».


