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PARIS : Baptiste VANDENBORGHT : « Rémunérer le bouche-à-ore…

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PARIS : Baptiste VANDENBORGHT : « Rémunérer le bouche-à-oreille, c’est simplement être juste »

Une étude de Yuccan révèle qu’en 2025, plus de 2 millions d’euros ont été versés aux Français pour leurs recommandations, monétisant la confiance.

Le bouche-à-oreille, ce réflexe ancestral de recommandation basé sur la confiance, change de nature. Longtemps considéré comme un échange informel et invisible, il devient une source de revenu tangible et mesurable pour des milliers de Français. Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat, la monétisation de ce capital social s’ancre progressivement dans les usages, transformant un simple conseil en un complément de revenu concret, sans pour autant dénaturer le lien de confiance qui le sous-tend.

Un phénomène économique quantifiable

L’observatoire annuel de la plateforme Yuccan, spécialisée dans le parrainage rémunéré, met en lumière l’ampleur de cette mutation. En 2025, plus de 2 millions d’euros ont été reversés à des particuliers pour avoir mis en relation leur entourage avec des professionnels. Ce montant représente une augmentation spectaculaire de 63 % par rapport à 2024, signe d’une adoption massive et rapide de cette pratique. L’étude, basée sur l’analyse de 43 000 parrainages réels, révèle également que le gain moyen par recommandation réussie s’élève à 335 euros, en hausse de 17 %. Le phénomène est national : 99 % des départements français sont concernés, illustrant une diffusion qui transcende les clivages géographiques. Ces chiffres confirment le passage d’un acte social spontané à un levier économique structuré et intégré dans les arbitrages du quotidien.

Le parrain ordinaire, un profil universel

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de profil type du « parrain » moderne. L’étude dépeint une figure ordinaire et universelle, loin des clichés de l’expert digital ou du professionnel du réseautage. L’âge moyen du parrain est de 44 ans, mais l’éventail est très large, allant de 18 ans pour le plus jeune à 92 ans pour l’utilisatrice la plus âgée. Qu’ils soient urbains ou ruraux, les participants mobilisent simplement leur actif le plus précieux : la crédibilité qu’ils ont auprès de leur entourage. Cette accessibilité est la clé de la généralisation du phénomène. La recommandation rémunérée ne requiert aucune compétence technique particulière, mais repose sur une pratique sociale partagée par tous. Seul le département de la Lozère échappait encore à la dynamique en 2025, soulignant par contraste l’ampleur nationale du dispositif.

Les coulisses d’une recommandation réussie

L’analyse des données de Yuccan dévoile les mécanismes précis qui garantissent l’efficacité d’une recommandation. La proximité géographique est un facteur déterminant : une mise en relation effectuée au sein du même département affiche un taux de conversion de 54 %, contre seulement 33 % pour une recommandation à distance. Le lien personnel est un autre pilier de la performance. Les recommandations issues du cercle familial convertissent 5 points de plus que celles provenant de relations professionnelles, prouvant que l’intimité renforce la crédibilité. Enfin, le choix de la récompense est crucial. Une rémunération en cash génère un taux de conversion de 26 %, soit 11 points de plus que les bons d’achat (15 %). Les utilisateurs privilégient une récompense concrète et directement mobilisable, qui matérialise la valeur de leur geste.

Une reconnaissance de la valeur, pas une dénaturation

Pour Baptiste Vandenborght, fondateur de Yuccan et auteur de l’étude, cette monétisation relève avant tout d’une forme de reconnaissance. « Le parrainage ne crée pas forcément un nouveau comportement — les Français ont toujours recommandé. Ce que nous avons fait, c’est reconnaître la valeur de ce geste. Quand quelqu’un oriente un proche vers le bon artisan ou le bon courtier, il rend un service réel. Le rémunérer, c’est simplement être juste », analyse-t-il.

Face à la crainte que l’argent puisse corrompre l’authenticité de la démarche, il oppose les faits. « Il y a un préjugé tenace : si on paie quelqu’un pour recommander, il recommandera n’importe qui. Nos données montrent exactement l’inverse. Ce sont les recommandations familiales qui convertissent le mieux. Personne ne met sa crédibilité en jeu auprès de sa propre famille pour 200 euros. L’argent ne remplace pas la confiance — il motive les gens à agir sur une confiance qui existait déjà », conclut Baptiste Vandenborght.

Fondée en 2020, Yuccan (https://yuccan.app/fr) est la principale plateforme de parrainage rémunéré en France, connectant des entreprises de plus de 30 secteurs (immobilier, énergie, BTP, etc.) avec des milliers de particuliers. Sa position lui offre une vision unique et factuelle sur les comportements de recommandation, alimentant son observatoire annuel à partir de données de terrain.