BRUXELLES : Sortie du gaz – Une facture en hausse de…
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BRUXELLES : Sortie du gaz – Une facture en hausse de 53% menace les ménages français d’ici 2030
Le Bureau européen des unions de consommateurs alerte sur une forte hausse de la facture de gaz pour les ménages qui resteront raccordés au réseau.
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) tire la sonnette d’alarme dans un rapport publié en avril 2026 : si la sortie progressive du gaz fossile n’est pas mieux anticipée par les pouvoirs publics, la facture des ménages français encore raccordés au réseau pourrait exploser de 53 % dès 2030. Ce surcoût, estimé à 300 euros supplémentaires par an, serait uniquement dû au financement de l’entretien d’un réseau de distribution utilisé par un nombre décroissant de foyers.
L’étude, intitulée « How to ensure consumers are protected during the gas phase-out », est disponible en intégralité sur le site de l’organisation (https://www.beuc.eu/sites/default/files/publications/BEUC-X-2026-039_How_to%20ensure_consumers_are_protected_during_the_gas_phase-out.pdf).
Un piège financier pour les consommateurs restants
L’explication de cette hausse est purement mécanique. Les coûts fixes d’exploitation et de maintenance des infrastructures gazières, qui restent stables, sont répartis sur un nombre de plus en plus restreint de consommateurs à mesure que la transition énergétique s’accélère. Les 35 % de ménages français qui se chauffent encore au gaz se retrouvent ainsi face à un mur financier potentiel.
Ceux qui ne pourront pas, ou ne voudront pas, passer à une autre source d’énergie (pompe à chaleur, chauffage urbain, etc.) verront inéluctablement leurs charges augmenter. Le rapport du BEUC souligne que ce phénomène risque de pénaliser de manière disproportionnée les ménages les plus vulnérables, souvent locataires ou propriétaires de logements mal isolés, pour qui l’investissement dans un nouveau système de chauffage est le plus difficile à supporter.
La flexibilité électrique comme levier d’économies
Si le passage à l’électrique apparaît comme la solution naturelle, la crainte d’une facture d’électricité incontrôlable constitue un frein majeur. Pourtant, cette transition ouvre la porte à une opportunité encore largement méconnue : la flexibilité électrique. Ce concept vise à moduler la consommation d’énergie pour la concentrer sur les périodes où l’électricité est abondante et bon marché, notamment lorsque la production renouvelable (solaire, éolienne) est élevée.
Piloté par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, ce mécanisme d’équilibrage était jusqu’à présent l’apanage des industriels. Il s’ouvre désormais aux particuliers, qui peuvent être rémunérés pour leur contribution à la stabilité du réseau national en décalant leur consommation lors des pics de demande.
Une application pour monétiser sa sobriété
C’est sur ce créneau que se positionnent de nouveaux acteurs comme la start-up française LibertéWatts. L’entreprise propose aux particuliers de participer activement à cette flexibilité via des actions simples.
« Si la flexibilité électrique est adoptée par une majorité de Français, les économies sur la facture pourront atteindre demain, plusieurs centaines d’euros par an par foyer. C’est une révolution silencieuse du pouvoir d’achat énergétique et elle est déjà accessible », explique Guillaume Faure, fondateur de LibertéWatts.
Concrètement, l’application mobile de l’entreprise récompense les utilisateurs qui relèvent des défis, comme décaler le lancement d’une machine à laver ou baisser légèrement le chauffage pendant une heure lors d’un pic de consommation. Fondée en 2022, LibertéWatts (https://libertewatts.fr/) vise à démocratiser cette gestion intelligente de l’énergie, en transformant des gestes de sobriété en gains financiers pour les consommateurs.
Un appel à une sortie du gaz planifiée et juste
Au-delà des solutions individuelles, le rapport du BEUC insiste sur la responsabilité des États membres. L’organisation préconise l’élaboration de plans clairs de démantèlement des réseaux de gaz d’ici 2030, afin d’offrir une visibilité aux citoyens et de planifier la transition. Elle recommande notamment que les consommateurs soient informés au moins dix ans avant toute fermeture de réseau.
Le BEUC appelle à une répartition équitable des coûts, afin que la charge du démantèlement ne repose pas sur les derniers usagers. Parmi les pistes évoquées figurent des aides ciblées pour les ménages modestes, comme des subventions, des taux de TVA réduits sur les technologies propres ou des prêts à taux bas. La protection des locataires, qui n’ont pas la maîtrise du choix de leur système de chauffage, est également identifiée comme un enjeu crucial pour une transition socialement juste.
via Press Agence.


