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PARIS : Francis LELONG : « L’IA doit devenir une mati…

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PARIS : Francis LELONG : « L’IA doit devenir une matière obligatoire dès la rentrée 2026 »

Le pionnier de la Tech Francis Lelong appelle à intégrer l’IA dans les programmes scolaires dès 2026 pour éviter une nouvelle fracture sociale.

Face à une intelligence artificielle qui sature le débat public mais peine à se concrétiser dans le tissu économique français, Francis Lelong, figure de la French Tech et CEO d’Alegria.group, lance un appel pressant. Il préconise l’instauration d’une formation obligatoire à l’intelligence artificielle dans tous les programmes scolaires dès la rentrée 2026-2027. Pour cet entrepreneur, qui a cofondé des succès comme Sarenza, il ne s’agit plus d’une simple modernisation pédagogique, mais d’un impératif stratégique pour la souveraineté et la compétitivité du pays.

Le grand écart entre le débat et la réalité

Le diagnostic dressé par le dernier baromètre mené par Alegria.group est sans appel : la France avance à deux vitesses sur le front de l’IA. Si le sujet est omniprésent médiatiquement, son adoption opérationnelle reste marginale, notamment au sein des petites et moyennes entreprises. L’étude révèle que plus de 50 % des entreprises estiment leurs compétences internes en IA comme « faibles » ou « inexistantes ». Plus inquiétant encore, un tiers d’entre elles n’ont à ce jour aucun plan de formation pour combler ce retard.

Pour Francis Lelong, l’adoption actuelle de l’IA relève trop souvent du « bricolage intelligent » individuel plutôt que d’une stratégie nationale pensée et structurée. Moins d’une PME sur dix a véritablement intégré ces technologies dans ses processus clés, créant un fossé de compétences qui menace directement l’économie. « Nous ne pouvons pas rester compétitifs sans former la génération qui arrive sur le marché », souligne Francis Lelong.

L’IA, nouvelle source de fracture sociale ?

Au-delà de l’enjeu économique, l’expert pointe un risque sociétal majeur. La véritable fracture sociale de demain, selon lui, ne se situera plus entre ceux qui ont accès à l’information et ceux qui en sont privés, mais entre ceux qui maîtrisent les outils cognitifs de l’IA et ceux qui les subissent passivement. Cette asymétrie de compétences dessine les contours d’une société où une partie de la population serait condamnée à subir une économie dont elle ne comprendrait plus les rouages.

Il est donc impératif, selon lui, de doter les jeunes générations des clés de compréhension et d’action de leur futur environnement professionnel. L’école ne peut plus se contenter de voir l’IA comme un simple outil de triche ou une menace pour le système de notation. Elle doit en faire un objet pédagogique à part entière pour transformer les élèves de consommateurs passifs en créateurs de solutions.

Une formation structurée pour une « école augmentée »

Le programme que Francis Lelong appelle de ses vœux pour une « école augmentée » vise à développer des compétences concrètes et critiques. L’enjeu n’est pas de former des experts en codage, mais des citoyens éclairés et des professionnels agiles. Les priorités pédagogiques sont claires : apprendre à évaluer la fiabilité des résultats générés par l’IA, une inquiétude majeure pour 43 % des décideurs interrogés, et maîtriser les enjeux de confidentialité des données, cités comme le frein numéro un à l’adoption de la technologie par 55 % des dirigeants.

Cette formation permettrait également d’initier les élèves à l’utilisation combinée de l’IA et des outils No-Code, afin de leur redonner un véritable pouvoir d’agir et de leur permettre de concrétiser rapidement leurs idées sans barrière technique.

Un levier d’émancipation, pas de remplacement

Francis Lelong insiste sur le fait que l’IA ne vient pas remplacer les enseignants, mais au contraire libérer le potentiel créatif des élèves en automatisant les tâches les plus répétitives ou chronophages. En faisant de l’intelligence artificielle un partenaire pédagogique, l’école permettrait à chaque élève de se concentrer sur la réflexion critique, la créativité et la résolution de problèmes complexes. Pour le dirigeant, il est temps de « sortir de l’idéologie pour entrer dans l’action » dès la rentrée 2026.

Alegria.tech, cofondée par Francis Lelong, se positionne comme la première agence Nocode en France. Elle a pour mission de démocratiser la création technologique pour les entreprises de toutes tailles, en simplifiant la réalisation de projets numériques grâce à des outils ne nécessitant pas de code.