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STRASBOURG : Initiative Citoyenne Alsacienne : « Sortir l’Alsace du Grand Est est une nécessité démocratique »

Le think tank Initiative Citoyenne Alsacienne interpelle les sénateurs via une lettre ouverte pour soutenir la sortie de l’Alsace du Grand Est.

À l’approche de l’examen par le Sénat d’une proposition de loi cruciale pour l’avenir institutionnel de l’Alsace, l’Initiative Citoyenne Alsacienne (ICA), un groupe de réflexion présidé par Pierre Klein, monte au créneau. L’organisation a adressé une lettre ouverte à l’ensemble des sénateurs, les exhortant à voter en faveur du texte visant à faire de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) une région de plein exercice, distincte du Grand Est.

Pour l’ICA, il s’agit de corriger ce qu’elle qualifie d’« anomalie démocratique et d’aberration fonctionnelle ».

Un déni démocratique originel

Le think tank rappelle dans sa missive le contexte de la réforme territoriale de 2015, qui a vu la fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne.

Selon l’ICA, cette décision a été prise « contre la volonté quasi unanime des Alsaciens ».

Le mouvement s’appuie sur les nombreuses manifestations, pétitions et sondages de l’époque qui témoignaient d’un refus massif de cette intégration.

La création du Grand Est est ainsi présentée comme un « déni de démocratie » qui a eu pour conséquence de diluer l’identité historique et culturelle forte de l’Alsace au sein d’un ensemble jugé artificiel et technocratique.

« La population n’a jamais accepté cette construction administrative qui ignore les réalités géographiques, historiques et humaines », insiste Pierre Klein dans le courrier.

La CeA, une avancée jugée insuffisante

Si la création de la Collectivité européenne d’Alsace le 1er janvier 2021, fusionnant les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, a été une première reconnaissance de la spécificité alsacienne, l’ICA la considère comme une solution en « trompe-l’œil ».

L’organisation souligne que cette nouvelle entité, bien que dotée de compétences départementales et de certaines prérogatives spécifiques (bilinguisme, coopération transfrontalière), reste privée de leviers essentiels.

« L’essentiel des compétences stratégiques d’une région, comme le développement économique, la gestion des fonds européens, les transports ferroviaires ou encore la formation professionnelle, demeure entre les mains du Grand Est », détaille la lettre ouverte.

Cette situation créerait une gouvernance complexe et un manque de lisibilité pour les citoyens et les acteurs économiques.

Plaidoyer pour une région agile et cohérente

Pour l’Initiative Citoyenne Alsacienne, le retour à une région Alsace de plein exercice répondrait à un impératif d’efficacité. Le groupe de réflexion avance qu’une structure à taille humaine, centrée sur son territoire, serait plus à même de répondre aux défis locaux et de renforcer ses liens naturels avec ses voisins allemands et suisses. Une région Alsace autonome pourrait, selon l’ICA, piloter une politique économique plus adaptée à son tissu de PME, gérer plus efficacement les transports du quotidien et valoriser pleinement son droit local et son bilinguisme. Le vote de la proposition de loi est donc perçu comme une « opportunité historique » de rétablir une cohérence territoriale et de respecter la volonté populaire.

L’Initiative Citoyenne Alsacienne invite les parlementaires et le public à consulter l’intégralité de son argumentation dans sa lettre ouverte, disponible sur son site internet.

Lien vers la lettre ouverte : https://www.ica.alsace/2024/02/13/lettre-ouverte-aux-senateurs/

Site de l’organisation : https://www.ica.alsace

via Press Agence.