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PARIS : Véronique BOUGARIDER : « La résidence secondaire ne…

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PARIS : Véronique BOUGARIDER : « La résidence secondaire ne s’achète plus à la retraite »

Face aux incertitudes, les Français n’attendent plus la retraite pour acheter une résidence secondaire, privilégiant de nouvelles stratégies.

Le rêve d’une maison au soleil, d’un refuge à la campagne ou d’une villa en bord de mer n’est plus l’apanage des retraités. À l’approche des ponts de mai, période traditionnellement propice aux projets personnels, une tendance de fond se confirme : les Français anticipent l’acquisition de leur résidence secondaire. Longtemps considéré comme l’aboutissement d’une vie de travail, ce projet s’inscrit désormais plus tôt dans le parcours de vie, transformant en profondeur les stratégies patrimoniales.

Selon le cabinet Bougardier, spécialiste du financement hypothécaire depuis plus de cinquante ans, ce basculement est la conséquence directe d’un environnement économique et social mouvant. Attendre devient un pari de plus en plus incertain, poussant les actifs à repenser leur calendrier et leurs méthodes de financement.

Un changement de paradigme dicté par les incertitudes

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le modèle traditionnel consistant à acheter sa résidence secondaire au moment de la retraite est en train de s’essouffler. L’allongement de la durée de travail, les doutes grandissants sur le niveau futur des pensions et une inflation immobilière persistante rendent l’attente risquée. À cela s’ajoute un accès au crédit bancaire classique devenu plus contraint ces dernières années, qui pénalise les profils de seniors.

« Reporter ce projet de vie à la retraite revient à s’exposer à de multiples aléas, qu’ils soient financiers, réglementaires ou personnels », analyse Véronique Bougardier, dirigeante du cabinet Bougardier. « Les actifs d’aujourd’hui en ont conscience. Ils comprennent que leur capacité d’emprunt et la valeur de leur patrimoine sont optimales durant leur vie professionnelle. Ils cherchent donc des solutions pour agir maintenant, sans attendre une échéance lointaine et incertaine ».

Le patrimoine existant comme principal levier d’acquisition

Cette nouvelle approche repose sur une mobilisation intelligente du patrimoine déjà constitué, et notamment de la résidence principale. Plutôt que de compter sur une épargne future ou de devoir vendre un bien, les candidats à l’acquisition se tournent vers des montages financiers alternatifs qui permettent de financer une résidence secondaire sans apport immédiat.

Des solutions comme le crédit hypothécaire, le prêt *in fine* ou encore le prêt de trésorerie patrimonial permettent de débloquer des fonds en prenant pour garantie un bien immobilier existant, et ce, sans en perdre la propriété ni l’usage. Ces outils, longtemps réservés à des initiés, se démocratisent et offrent une flexibilité précieuse pour concrétiser un achat « plaisir » sans déséquilibrer un budget ou puiser dans une épargne de précaution.

Des profils d’acquéreurs plus jeunes et proactifs

En conséquence, le profil type de l’acquéreur de résidence secondaire évolue. Il ne s’agit plus uniquement de futurs retraités, mais de plus en plus de cadres, de professions libérales ou de dirigeants d’entreprise, souvent âgés de 45 à 60 ans. Leur motivation n’est pas seulement de préparer leur avenir, mais de profiter d’un nouveau cadre de vie dès à présent, avec leurs enfants et leurs proches.

« Nous accompagnons des clients qui voient leur patrimoine non plus comme un capital à sanctuariser pour leurs vieux jours, mais comme un outil dynamique au service de leurs projets de vie », poursuit Véronique Bougardier. « L’objectif est de jouir de son investissement sans délai. Cette vision proactive transforme la résidence secondaire : d’un projet de fin de carrière, elle devient un pilier de l’équilibre de vie tout au long de la seconde partie de la vie professionnelle ».