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PARIS : Maxime LEMERLE : « Les défaillances d’entreprises devraient atteindre un nouveau record en 2026 »

Une étude d’Allianz Trade révèle une forte hausse de 9% des défaillances d’entreprises en PACA au T1 2026, inversant la tendance de 2025.

Après avoir fait figure d’exception en 2025, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur voit le nombre de défaillances d’entreprises repartir vivement à la hausse. Selon la dernière étude publiée ce jeudi par Allianz Trade (https://www.allianz-trade.fr/), leader mondial de l’assurance-crédit, la sinistralité a bondi de 9 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’année précédente, un retournement de situation qui s’inscrit dans un contexte national également très dégradé.

PACA : un retournement de tendance brutal

Avec 1 826 procédures collectives enregistrées entre janvier et mars 2026, la région PACA met fin à une parenthèse encourageante. En 2025, elle était la seule en France à afficher une baisse des faillites (-6 %). Aujourd’hui, elle enregistre la cinquième plus forte hausse régionale.

Cette tendance masque toutefois de fortes disparités départementales. Alors que les Hautes-Alpes (-5 %) et le Vaucluse (-3 %) continuent d’observer une amélioration, les autres territoires subissent une nette dégradation. Les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes affichent la plus forte augmentation (+13 %), suivis par le Var (+8 %) et les Alpes-de-Haute-Provence (+7 %).

En volume, le département des Bouches-du-Rhône reste le plus affecté avec 717 faillites, représentant 39 % du total régional. Il devance les Alpes-Maritimes (419) et le Var (387). Sur les douze derniers mois, les secteurs les plus touchés demeurent les services (35 %), la construction (21 %) et le commerce (20 %), l’hébergement-restauration arrivant en quatrième position (16 %).

Un premier trimestre historique au niveau national

Le cas de la région PACA reflète une dynamique nationale alarmante. Au total, 19 243 défaillances d’entreprises ont été comptabilisées en France au premier trimestre 2026, soit une hausse de 6 % sur un an. Il s’agit d’un plus haut historique pour un premier trimestre, dépassant le précédent record de 2015 (18 625 cas).

Cette persistance d’un très haut niveau de sinistralité s’explique par une conjoncture fragile : une inflation qui freine la consommation, des difficultés persistantes dans le secteur de la construction et des taux d’intérêt toujours élevés.

Vers une année 2026 record

Les prévisions d’Allianz Trade ne laissent entrevoir aucune accalmie à court terme. « Les défaillances d’entreprises devraient atteindre un nouveau record en France en 2026. Nous prévoyons un nombre de cas élevé et prolongé autour de 69 900, soit une augmentation de +2 % par rapport à 2025 », explique Maxime Lemerle, Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.

L’expert souligne également que le risque est « bel et bien haussier du fait des incertitudes géopolitiques ». La prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait aggraver la situation de nombreuses entreprises déjà fragilisées et porter le nombre de faillites à plus de 71 600. Une légère décrue n’est espérée qu’en 2027, avec un recul estimé à -3 % pour s’établir à environ 67 800 cas.

Un appel à la vigilance dans un contexte instable

L’étude révèle que la hausse des défaillances se concentre sur les deux extrêmes : les plus petites structures, notamment les entreprises en nom propre, et les plus grandes. Les secteurs liés à la consommation des ménages, comme les services aux particuliers, l’hébergement-restauration ou le commerce automobile, sont particulièrement exposés.

Face à cette conjoncture, la prudence est de mise. « L’économie française fait face à des défis structurels et majeurs dans un environnement mondial marqué par une complexité et une incertitude accrues », rappelle Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France. Il insiste sur la nécessité pour les entreprises de « redoubler de vigilance afin de limiter le risque de non-paiement », soulignant le rôle de l’assurance-crédit comme « filet de sécurité » essentiel dans un climat où les tensions géopolitiques fragilisent les chaînes d’approvisionnement.