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MARSEILLE : Olivier BUGETTE : « Un décalage dans le rythme de reprise du marché immobilier »
Marseille se hisse sur le podium des grandes villes où l’on vend le plus vite un bien, selon l’Observatoire Interkab, dans un marché contrasté.
Le marché immobilier français confirme sa reprise au premier trimestre 2026, mais à des rythmes très différents selon les territoires. D’après le dernier Observatoire Interkab, le délai moyen pour signer un compromis de vente s’établit à 107 jours en France, soit une semaine de plus que le trimestre précédent. Cette tendance, qui peut sembler paradoxale, masque une dynamique de fond bien plus positive : sur un an, les délais ont en effet reculé de 34 jours par rapport au premier trimestre 2025, témoignant d’une nette amélioration globale du secteur.
Toutefois, derrière cette moyenne nationale se cachent des réalités locales très hétérogènes. Marseille se distingue particulièrement en se classant à la troisième position des grandes métropoles les plus fluides.
Un podium mené par Montpellier, Lille et Marseille
Le palmarès des villes où les transactions sont les plus rapides met en lumière des pôles d’attractivité bien définis. Montpellier conserve sa première place avec un délai de seulement 83 jours, et se singularise en étant la seule grande ville où ce temps de vente continue de se réduire (-3 jours). Lille, malgré un allongement de 12 jours, confirme sa forte dynamique et prend la deuxième place avec 87 jours en moyenne pour vendre un bien.
Marseille complète ce podium avec un délai de 97 jours. Bien qu’en hausse de 9 jours sur le trimestre, la cité phocéenne reste solidement ancrée sous la barre symbolique des 100 jours, affirmant son statut de marché immobilier réactif. Derrière ce trio de tête, on retrouve Nice (99 jours), Nantes (102 jours) et Paris (105 jours). À l’inverse, des villes comme Lyon (111 jours) et Strasbourg (116 jours) enregistrent des délais significativement plus longs, illustrant un redémarrage plus progressif.
Des marchés à plusieurs vitesses, reflet d’une reprise inégale
Ces écarts importants entre métropoles ne traduisent pas un simple différentiel d’attractivité, mais plutôt un décalage dans le calendrier de la reprise immobilière. « À Montpellier, il faut moins de 3 mois pour vendre un bien. Un rythme qui illustre un marché particulièrement dynamique, à rebours de villes comme Strasbourg ou Lyon où les délais dépassent les 110 jours », analyse Olivier Bugette, CEO de La Boîte Immo. Selon lui, « cela traduit un décalage dans le rythme de reprise : certains marchés ont déjà retrouvé des acheteurs actifs, quand d’autres restent freinés par des niveaux de prix élevés et une solvabilité plus contrainte ».
Dans les villes les plus rapides, comme Montpellier, la demande des acquéreurs s’est déjà repositionnée, notamment en raison du recul de la construction neuve qui les oriente massivement vers le marché de l’ancien. Cette situation engendre une concurrence accrue entre les acheteurs et, par conséquent, une accélération des processus de vente.
La négociation, clé d’une sortie de crise
L’allongement général des délais de vente observé dans la plupart des grandes villes (+7 jours au niveau national) s’explique par un phénomène classique en période de reprise. Le retour des acquéreurs sur le marché ravive l’activité, mais il s’accompagne également d’une augmentation des phases de négociation. Les acheteurs, conscients de leur pouvoir dans un marché en reconstruction, prennent davantage de temps pour discuter les prix, ce qui allonge mécaniquement les délais avant la signature du compromis.
L’étude complète de l’Observatoire Interkab pour le premier trimestre 2026 est disponible en ligne (https://www.calameo.com/read/0061735597c61de7027ed). Cette analyse est produite par La Boîte Immo, un groupe français fondé en 2009 et spécialisé dans les solutions digitales pour les professionnels de l’immobilier. L’entreprise, basée à Hyères, accompagne plus de 14 000 agences immobilières dans leur transformation numérique.


