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PARIS : Philippe GRODNER : « Faire de la transmission d’entreprise une grande cause nationale »
Le Family Business Network France alerte sur l’enjeu crucial de la transmission d’entreprises, un défi majeur pour préserver des millions d’emplois.
Paris – Alors que le ministre Serge Papin doit prochainement annoncer de nouvelles mesures pour faciliter la transmission d’entreprises, le Family Business Network (FBN) France monte au créneau pour que ce sujet soit érigé en grande cause économique nationale. L’enjeu est de taille : au cours des dix prochaines années, ce sont près de 500 000 dirigeants qui devront passer le relais, mettant dans la balance environ 3 millions d’emplois. Un tournant stratégique pour l’économie française, où les entreprises familiales forment un socle essentiel de la richesse et du dynamisme des territoires.
Un pilier de l’économie française
Selon une étude de la Chaire Dauphine, les entreprises familiales constituent un pilier de l’économie française. Elles représentent 71 % des entreprises (hors très petites entreprises), 68 % des PME, 63 % des ETI et 57 % des grands groupes. Au total, elles génèrent près de 69 % des emplois et contribuent à hauteur de 65 % du Produit Intérieur Brut (PIB).
Profondément enracinées dans les régions, avec plus des deux tiers de leurs implantations hors de la capitale, elles jouent un rôle déterminant dans la vitalité économique locale, la cohésion sociale et la préservation de savoir-faire industriels et artisanaux. Leur modèle économique, fondé sur une vision de long terme, leur confère une résilience remarquable : leur longévité moyenne atteint 60 ans, contre moins de 20 ans pour les entreprises non familiales.
La transmission, un maillon faible hexagonal
Malgré leur poids économique, la transmission reste un point de fragilité majeur. Le taux de transmission au sein de la famille oscille en France entre 15 % et 20 % seulement, un chiffre bien inférieur à celui de nos voisins européens comme l’Allemagne (56 %) ou l’Italie (70 %). Le temps presse : un quart des dirigeants d’entreprises familiales a plus de 60 ans, et près de la moitié d’entre eux n’a toujours pas formalisé de plan de succession.
Pourtant, une transmission réussie est un processus long et complexe, qui nécessite entre cinq et dix ans d’anticipation et un cadre juridique et fiscal clair et stable.
« Une transmission n’est pleinement durable et réussie que si elle s’entretient. Cela passe par une animation des actionnaires, une adhésion au projet familial, la formation des nouvelles générations, les rituels familiaux et une communication ouverte », souligne Philippe Grodner, Président du FBN France.
Une question de souveraineté et de savoir-faire
Pour le réseau, l’enjeu dépasse le simple cadre familial pour devenir une question de souveraineté économique. Une transmission mal préparée ou avortée peut entraîner la disparition d’entreprises performantes, la destruction d’emplois qualifiés et la dilution de compétences stratégiques, parfois au profit d’acteurs étrangers. C’est pourquoi le FBN France appelle à une mobilisation collective et formule cinq propositions concrètes pour inverser la tendance.
L’organisation préconise de mieux sensibiliser les dirigeants à l’importance d’anticiper leur succession, de renforcer la visibilité et la stabilité des dispositifs d’aide existants, comme le pacte Dutreil, et de développer des indicateurs nationaux pour suivre le phénomène. Elle insiste également sur la nécessité d’encourager la structuration de la gouvernance pour sécuriser la continuité de l’activité et de mieux accompagner les cédants comme les nouvelles générations repreneuses.
Le FBN France, créé en 1998, regroupe 2 500 membres issus de PME, ETI et grandes entreprises, représentant 1,2 million d’emplois et 230 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé. Il se positionne comme un acteur clé pour accompagner ces transitions, notamment via son fonds de dotation Family Impulse by FBN, créé en 2025 pour soutenir des projets d’intérêt général liés à la pérennité de ce modèle entrepreneurial.
via Press Agence.


