Passer au contenu principal

PARIS : Agriculture Stratégies – « La géopolitique a-…

Partager :

PARIS : Agriculture Stratégies – « La géopolitique a-t-elle apprivoisé les marchés ? »

Le rapt de Nicolás Maduro par l’armée étatsunienne en ce début d’année 2026 aurait dû, selon les grilles de lecture traditionnelles, provoquer une onde de choc sur les marchés mondiaux, et notamment sur les cours du pétrole.

Les marchés ont en réalité « facilement absorbé l’événement » note Tania Sollogoub, responsable de l’analyse des pays émergents et des risques géopolitiques au Crédit Agricole, dans sa dernière publication dans Perspectives[1].

Selon l’autrice, ce découplage apparent entre la violence de l’actualité géopolitique et la placidité des indices boursiers n’est pas anecdotique : il marque un changement de paradigme, en ce sens que les marchés semblent avoir intégré le désordre géopolitique et géoéconomique mondial comme une variable endogène. Il reste à déterminer toutefois si l’économie réelle – et plus particulièrement le commerce de produits agricoles et agroalimentaires – peut se permettre la même résilience, et comment elle s’adaptera dans un monde toujours plus instable. La récente guerre au Moyen-Orient et le blocage partiel du détroit d’Ormuz à la navigation le montre bien.

L’intégration du risque géopolitique comme variable structurelle de l’ordre économique mondial

L’apparente absence de réaction des marchés financiers à la suite du rapt du président vénézuélien est le point de départ de l’analyse de Tania Sollogoub, pour qui la géopolitique a cessé d’être un facteur de surprise (ou de disruption) pour devenir une composante structurelle de l’environnement économique mondial. Selon elle, ce constat s’explique par une mutation profonde de la perception du risque par les opérateurs financiers. La géopolitique, qui représentait jusqu’alors un choc exogène dans un ordre économique fondamentalement stable, est devenue une « condition permanente ».

L’autrice cite l’invasion de l’Ukraine par la Russie comme un moment de bascule, une analyse que nous partageons pleinement[2]. Le conflit n’a pas été traité comme un choc isolé. D’une part, il s’inscrit dans un contexte où s’est succédé, rappelle l’autrice, une série d’événements vus comme des « ruptures » : le Brexit, l’élection de Donald Trump à la présidence en 2017, l’affrontement entre les États-Unis et la Chine, etc. D’autre part, la guerre a eu un impact mesurable sur des flux bien réels (énergie, matières premières agricoles) et, partant, sur les cours mondiaux.

LIRE LA SUITE

SOURCE : Newsletter n°66 – Agriculture Stratégies.