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PARIS : Polémique du 1er mai – La filière horticole revendique son rôle « essentiel »

À l’approche du 1er mai, Max Bauer, membre de l’interprofession Val’hor, dénonce vivement les propos de la CGT et réclame une reconnaissance de son activité.

La traditionnelle vente de muguet du 1er mai est au cœur d’une vive polémique.

Dans une tribune virulente, la filière horticole et du paysage, par la voix de Max Bauer, syndicaliste agricole du Var, exprime sa « colère profonde » face à des déclarations remettant en cause le caractère essentiel de son activité, et alerte sur les risques économiques et la concurrence déloyale qui menacent toute une profession.

Une colère face au « mépris »

Le point de départ de cette indignation réside dans des propos attribués à Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, qui aurait jugé les fleuristes « non essentiels à la vie économique et sociale du pays ».

Une affirmation jugée inacceptable par la profession.

« Comment peut-on, en 2026, réduire toute une filière à une activité accessoire, presque dispensable ? », s’est encore interrogé le 10ème président de Val’hor.

Max Bauer rappelle que derrière chaque brin de muguet se cache une chaîne de valeur complète : « Il y a des producteurs, des horticulteurs, des salariés, des artisans, des territoires entiers qui vivent de ce travail ».

Pour la filière, qualifier cette activité de superflue relève d’une méconnaissance profonde de sa réalité économique et sociale.

Un enjeu économique majeur

Loin d’être anecdotique, le 1er mai représente un pilier de l’économie horticole française. Cette journée constitue, avec la Saint-Valentin et la fête des mères, l’un des trois temps forts commerciaux de l’année pour les fleuristes et les producteurs.

« Supprimer ou fragiliser cette journée, c’est porter atteinte directe à l’équilibre économique de milliers d’exploitations et de commerces de proximité », prévient-il.

La remise en cause de cette date clé mettrait ainsi en péril la viabilité de nombreuses entreprises, souvent des commerces de proximité qui animent les centres-villes.

La concurrence déloyale en ligne de mire

La filière dénonce également un « double discours » et une injustice flagrante concernant la vente de muguet. Alors que la légitimité des artisans fleuristes à travailler ce jour-là est questionnée, la vente à la sauvette est, elle, largement tolérée.

« D’un côté, on considère normal que des vendeurs à la sauvette puissent occuper l’espace public sans déclaration ni TVA, parfois en totale concurrence déloyale avec les professionnels. De l’autre, on remet en cause la légitimité de fleuristes déclarés », souligne encore Max Bauer.

Si la vente par des particuliers est tolérée, elle est en théorie strictement encadrée : elle doit concerner de petites quantités de muguet sauvage, vendu sans emballage et à distance d’un commerce de fleuriste.

Or, selon la profession, « ces règles sont régulièrement contournées, au détriment des professionnels. Cette réalité ne peut plus être ignorée ».

Une réponse gouvernementale jugée insuffisante

Face à cette situation, le récent communiqué du Gouvernement, qui promet une sécurisation juridique pour 2027, est considéré comme largement insuffisant et trop tardif.

L’appel au « pragmatisme » pour l’édition 2026 est perçu comme un « flou qui ne protège ni les employeurs ni les salariés ».

La filière se dit prête à respecter un cadre légal clair, rappelant que le recours à des salariés volontaires et une rémunération doublée ce jour férié sont déjà des pratiques courantes.

« Mais nous attendons davantage qu’une promesse : nous exigeons une reconnaissance claire, immédiate et durable de notre rôle économique et social », martèle encore Max Bauer.

La profession conclut en réaffirmant son rôle essentiel au lien social et à la vitalité des territoires.

« Le 1er mai, ce n’est pas seulement une tradition. C’est un symbole. Celui du travail, mais aussi celui du vivant, de la nature, du partage. Alors non, nous ne laisserons personne décider que ce symbole peut exister sans ceux qui le font vivre », affirme, enfin, le syndicaliste agricole varois, avant de conclure : « Madame Binet, la filière horticole mérite mieux que du mépris. Elle mérite du respect. Et surtout, elle mérite d’être entendue ».

Photo Philippe OLIVIER – via Press Agence.