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PARIS : Littérature – Le 90ème Prix Cazes couronne Adèle ROSENFELD
Le 90ème Prix Cazes a été décerné hier à Adèle Rosenfeld pour son roman « L’extinction des vaches de mer » publié aux éditions Grasset.
Le monde littéraire parisien avait les yeux tournés vers la célèbre Brasserie Lipp ce mardi 14 avril 2026. C’est dans ce haut lieu de la vie intellectuelle et artistique de la capitale que le jury du Prix Cazes a dévoilé le nom de la lauréate de sa 90ème édition, marquant un temps fort de la saison des prix du printemps. Adèle Rosenfeld a été distinguée pour son œuvre singulière « L’extinction des vaches de mer », parue aux éditions Grasset. Elle inscrit ainsi son nom au palmarès d’une des plus anciennes et respectées récompenses littéraires françaises.
Un prix historique et indépendant
Fondé en 1935 par Marcellin Cazes, figure emblématique de la restauration parisienne et alors propriétaire de la brasserie du boulevard Saint-Germain, le Prix Cazes s’est imposé au fil des décennies comme une distinction attendue. Sa longévité, qui atteint aujourd’hui neuf décennies, témoigne de sa pertinence et de son rôle dans la découverte ou la consécration de talents littéraires. Contrairement à de nombreux autres prix, il n’est pas lié à un grand groupe médiatique ou éditorial, ce qui lui confère une aura d’indépendance particulièrement appréciée. La particularité de ce prix réside également dans son éclectisme : il ne se limite pas au seul genre romanesque et peut récompenser un essai, une biographie, des mémoires ou encore un recueil de nouvelles. Cette ouverture permet de mettre en lumière la diversité de la création littéraire contemporaine, en primant un auteur pour la qualité de sa plume, la force de son propos et l’originalité de sa voix, sans contrainte de format.
La Brasserie Lipp, un écrin au cœur de Saint-Germain-des-Prés
Le choix du lieu pour la délibération et la proclamation est indissociable de l’identité du prix. La Brasserie Lipp, avec ses céramiques murales et ses banquettes de moleskine, est bien plus qu’un simple restaurant ; elle est un symbole de l’effervescence culturelle parisienne qui a vu défiler des générations d’écrivains, d’artistes et de politiques. En y associant son nom, Marcellin Cazes a ancré son prix dans une tradition où la littérature se discute et se célèbre au cœur de son quartier d’élection, Saint-Germain-des-Prés, à quelques pas des plus grandes maisons d’édition. C’est donc dans ce cadre chargé d’histoire, qui a vu passer de Gide à Hemingway, de Sartre à Camus, que le jury perpétue chaque année ce rituel, débattant des œuvres en lice avant de rendre son verdict. La remise de ce 90ème prix en ces murs confirme l’attachement de l’institution à ses racines et à cet esprit germanopratin où la culture est un art de vivre.
Un jury d’écrivains et de critiques reconnus
La crédibilité et le prestige du Prix Cazes reposent en grande partie sur la composition de son jury, un aréopage d’écrivains, de journalistes et de critiques littéraires dont l’expertise fait autorité. Pour cette 90ème édition, les délibérations ont été menées sous la présidence de Léa Santamaria, avec le soutien de Claude Guittard en sa qualité de Secrétaire Général. Le panel des jurés était complété par des personnalités du monde des lettres telles que Mohammed Aïssaoui, Gautier Battistella, Mathilde Brezet, Marie Charrel, Gérard de Cortanze, Nicolas d’Estienne d’Orves, Christine Jordis et Eric Roussel. La mission de ce jury est exigeante : lire, analyser et confronter les points de vue sur une sélection d’ouvrages parus récemment. C’est la convergence de ces regards experts et de ces sensibilités diverses qui a finalement permis de distinguer l’œuvre d’Adèle Rosenfeld, un choix qui vient saluer un texte jugé marquant et que les jurés recommandent désormais à un plus large public de lecteurs.


