PARIS : Crise des carburants – La FNTR sonne l’…
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PARIS : Crise des carburants – La FNTR sonne l’alarme face à des aides gouvernementales jugées « inopérantes »
La FNTR alerte sur l’inefficacité et le retard des aides gouvernementales, qui mettent en péril la survie des entreprises de transport routier.
Sept semaines après le début de la crise liée à la flambée des prix des carburants au Moyen-Orient, la situation des entreprises du transport routier de marchandises (TRM) est de plus en plus critique. La Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) tire ce mercredi 15 avril la sonnette d’alarme, dénonçant des mesures d’aide gouvernementales qui, non seulement se font attendre, mais s’avèrent d’ores et déjà inadaptées et insuffisamment lisibles pour répondre à l’urgence.
Des aides directes qui se font attendre
Annoncé il y a près de trois semaines, le dispositif d’aides directes forfaitaires, présenté par le gouvernement comme un soutien équivalent à 20 centimes d’euro par litre, n’est toujours pas entré en vigueur. À ce jour, les transporteurs n’ont bénéficié d’aucune remise concrète sur le carburant. Les modalités de mise en œuvre du guichet dédié demeurent floues, laissant les professionnels sans aucune visibilité sur les conditions d’éligibilité ou les délais de versement.
Cette attente a des conséquences dramatiques sur le terrain. Face à des besoins de trésorerie immédiats et pour éviter de travailler à perte, certaines entreprises sont déjà contraintes d’immobiliser une partie de leur flotte. Pour les plus fragiles, la menace du dépôt de bilan est imminente, faute de liquidités pour faire face aux charges courantes.
Le « prêt flash carburant », une fausse bonne idée ?
L’autre mesure phare, le « prêt flash carburant » géré par Bpifrance, est également la cible des critiques de la fédération. Mis en place quinze jours après les annonces officielles, ce dispositif est jugé inadapté. Proposé à un taux de 3,8 %, il ne fait, selon la FNTR, qu’alourdir l’endettement des structures sans apporter de solution pérenne à la crise de trésorerie. La fédération souligne que ce taux est même moins compétitif que les offres que les banques commerciales peuvent proposer à leurs clients transporteurs.
La FNTR, tout en saluant la volonté affichée par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, de soutenir le secteur, regrette que les fonds nécessaires à ces aides soient prélevés sur le budget même du ministère, limitant ainsi leur portée.
Un décalage avec les voisins européens
La fédération déplore que les propositions concrètes formulées par la profession pour un soutien efficace des TPE et PME soient systématiquement rejetées lors des arbitrages interministériels à Bercy et Matignon. Cette inertie française contraste fortement avec les mesures prises par d’autres pays européens. L’Espagne, l’Italie et le Portugal ont déjà agi, et plus récemment, l’Allemagne a annoncé cette semaine une baisse temporaire de sa taxe sur les carburants de 17 centimes par litre. Dans ce contexte, la Commission européenne consulte actuellement les États membres sur un cadre d’aides ciblées et temporaires pour les secteurs les plus exposés. Ce projet, qui pourrait être adopté d’ici la fin du mois d’avril, vise à permettre un soutien effectif et immédiat, notamment via des dispositifs d’aides forfaitaires simplifiés.
La transition énergétique face à l’urgence de la survie
Enfin, la FNTR met en garde contre un décalage entre les objectifs à long terme et les impératifs du présent.
Le plan d’électrification du parc de poids lourds, bien qu’indispensable, « ne s’inscrit pas dans la temporalité de l’urgence absolue dans lesquelles se trouvent de nombreuses entreprises », insiste la fédération.
µPrétendre passer au tout électrique sans solutions de transition viables ni soutien financier massif revient, selon elle, à fragiliser davantage un secteur déjà exsangue.
Face à cette situation, la FNTR demande au gouvernement de s’inspirer des solutions pragmatiques mises en place chez ses voisins, notamment en agissant directement sur la fiscalité des carburants.
« Refuser d’agir aujourd’hui, c’est prendre le risque de devoir gérer demain une crise économique et sociale majeure dans un secteur essentiel à la vie du pays », conclut la fédération, prévenant que l’effondrement du transport routier coûterait, à terme, bien plus cher aux finances publiques que les aides demandées aujourd’hui.
via Press Agence.


