PARIS : Alain MONTEUX : « L’IA redéfinit la préventio…
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PARIS : Alain MONTEUX : « L’IA redéfinit la prévention pour le maintien à domicile »
Face au vieillissement de la population, l’intelligence artificielle transforme le maintien à domicile en passant d’une logique curative à une prévention prédictive.
Le maintien à domicile des seniors s’impose comme un défi sociétal et économique majeur en France, où près d’un tiers de la population a désormais plus de 60 ans. Cependant, le modèle de prévention actuel reste majoritairement réactif, se déclenchant souvent après une chute ou une dégradation de l’état de santé, des accidents du quotidien qui causent plus de 20 000 décès chaque année. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) apparaît comme une technologie de rupture, capable d’inverser ce paradigme en anticipant les risques avant qu’ils ne surviennent.
Pour Alain Monteux, Président de Tunstall Vitaris et de Libr’Alerte, et Ambassadeur de l’Intelligence Artificielle au sein de la Fédération du Service aux Particuliers (FESP), l’intégration de l’IA dans les services d’aide à la personne n’est plus une option mais une nécessité pour garantir un « bien vieillir » sécurisé et digne.
D’une prévention curative à une prévention prédictive
L’approche traditionnelle de la téléassistance se concentre sur la gestion de l’urgence : la personne alerte après un incident. L’intelligence artificielle propose une révolution copernicienne en passant à une prévention prédictive. Grâce à sa capacité à analyser en continu et en temps réel un grand volume de données, elle permet de créer un modèle préventif personnalisé. L’objectif n’est plus de réagir à un accident, mais d’agir en amont pour l’éviter, transformant fondamentalement la prise en charge de la dépendance.
La détection des signaux faibles grâce à la data
La force de l’IA réside dans sa capacité à identifier ce que l’on nomme les « signaux faibles » de perte d’autonomie. Ces changements subtils, souvent imperceptibles lors de visites humaines ponctuelles, sont détectés par l’analyse des données issues de capteurs discrets, d’objets connectés ou des interactions avec les services d’assistance. Une modification des habitudes de sommeil, une baisse de la fréquence d’ouverture du réfrigérateur, un ralentissement de la vitesse de marche ou une augmentation du temps passé au lit sont autant d’indicateurs qui peuvent alerter sur une fragilité naissante. En identifiant ces tendances, l’IA permet d’intervenir de manière ciblée avant la « bascule », ce point de non-retour où l’état de santé se dégrade significativement.
Optimiser l’intervention humaine, pas la remplacer
Loin de déshumaniser l’accompagnement, l’intelligence artificielle se positionne comme un outil au service des professionnels. En automatisant la surveillance des risques, elle permet d’optimiser les interventions humaines. Les aidants et le personnel soignant peuvent ainsi concentrer leur temps et leur énergie sur des tâches à plus forte valeur ajoutée : le lien social, les soins ciblés et le soutien psychologique. Les alertes générées par les algorithmes permettent de déclencher une visite ou un appel au moment opportun, rendant l’aide plus pertinente et efficace tout en sécurisant le quotidien des personnes âgées.
Un impératif stratégique face aux freins éthiques
Pour les entreprises du secteur des services à la personne, l’intégration de l’IA dans leur stratégie est devenue un levier de performance et de différenciation incontournable. Elle répond à une demande croissante des familles pour des solutions plus sûres et proactives. Toutefois, son déploiement soulève des questions cruciales. Des freins éthiques, liés à la confidentialité des données et au consentement de la personne âgée, doivent être levés. Des défis organisationnels, comme la formation des équipes à ces nouveaux outils et l’interopérabilité des systèmes, doivent également être surmontés pour que cette promesse d’une « prévention augmentée » devienne une réalité accessible à tous.

