PARIS : Charles ALLONCLE : « Un système de gabegies et de p…
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PARIS : Charles ALLONCLE : « Un système de gabegies et de privilèges » à France Télévisions
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public révèle, selon son rapporteur, des dérives financières et un système de privilèges endémiques.
Après cinq mois d’auditions souvent électriques, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a achevé ses travaux, laissant derrière elle une atmosphère de défiance et l’attente d’un rapport qui s’annonce explosif. Le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la commission, affirme avoir mis au jour des dérives structurelles au cœur de France Télévisions, un mastodonte financé à hauteur de quatre milliards d’euros par an par l’État. La dernière audition de la présidente du groupe, Delphine Ernotte, a viré à l’affrontement, cristallisant les tensions accumulées au fil des 67 auditions menées.
Des cas emblématiques de mauvaise gestion
Au cours de ses investigations, la commission s’est heurtée à ce que le rapporteur qualifie de « trous de mémoire » récurrents de la part des dirigeants interrogés, notamment lorsqu’il s’agissait de justifier des situations jugées « inexplicables ».
Plusieurs cas particulièrement choquants ont été cités comme symptomatiques d’un système défaillant.
L’un d’eux concerne un salarié de France Télévisions, titulaire d’un CDI à temps plein rémunéré 100 000 euros par an, qui aurait simultanément occupé un second CDI à temps plein à la mairie de Paris, pour un salaire de 60 000 euros annuels. Aucune direction n’a su fournir d’explication sur la compatibilité de ce double emploi du temps. Un autre dossier embarrassant porte sur un cadre supérieur ayant perçu 400 000 euros d’indemnités de départ, avant de rejoindre une société privée avec laquelle il avait lui-même négocié d’importants contrats pour le compte de France Télévisions alors qu’il était encore en poste.
Pour Charles Alloncle, il s’agit d’un « conflit d’intérêts flagrant ».
Selon lui, ces exemples ne sont pas des anomalies mais les preuves d’un système où les mécanismes de contrôle interne seraient « inexistants ou contournés ».
L’opacité d’un géant aux 4 milliards d’euros
France Télévisions représente une force considérable : Plus de 9 000 salariés, cinq chaînes nationales et un écosystème complexe de filiales et de prestataires. Pourtant, ce géant fonctionnerait, selon les conclusions préliminaires de la commission, dans une opacité persistante. Le rapporteur dénonce des circuits de décision verrouillés, des avantages réservés à une élite interne et une attribution de contrats manquant cruellement de transparence.
Charles Alloncle évoque un véritable « système de castes et de privilèges », pointant particulièrement les relations troubles entre le groupe public et certaines sociétés de production.
Les auditions auraient mis en lumière des renouvellements de contrats quasi automatiques, des situations de dépendance économique et des proximités personnelles entre des cadres de France Télévisions et des producteurs privés, le tout au détriment d’une mise en concurrence saine et de la bonne gestion des deniers publics.
Un rapport pour réformer en profondeur l’audiovisuel public
Le député UDR, qui s’est imposé comme une figure offensive sur le financement du secteur, dispose désormais de deux semaines pour finaliser ses conclusions. Le rapport final pourrait préconiser une réforme en profondeur de la gouvernance de France Télévisions, un renforcement drastique des instances de contrôle et une refonte complète des règles de passation des marchés. Une proposition de loi, reprenant les conclusions les plus fortes du rapport, pourrait être déposée dès le 25 juin prochain, à l’occasion de la niche parlementaire du groupe UDR à l’Assemblée nationale. L’objectif affiché par Charles Alloncle est clair : faire la lumière sur l’utilisation des quatre milliards d’euros annuels et restaurer la confiance des citoyens.
Un vote crucial pour la transparence
Avant toute conséquence politique, le rapport devra franchir une étape décisive.
Le 27 avril, les 31 membres de la commission d’enquête devront voter pour ou contre sa publication. Un vote négatif, bien que rare, enterrerait l’ensemble des travaux : les auditions resteraient confidentielles et le rapport ne serait jamais diffusé. Charles Alloncle a déjà prévenu qu’un tel scénario serait un déni de démocratie, insistant sur le fait que les citoyens ont le droit de connaître « l’ampleur des dérives ». Au-delà des cas individuels, le rapport Alloncle pose une question fondamentale sur la responsabilité et le contrôle démocratique d’un secteur entièrement financé par l’impôt, et pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’audiovisuel public français.
via Presse Agence.


